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4.3 Procédure d'élaboration, concertation et poursuite du programme

Les expériences tirées des sites modèles et des résultats de la deuxième enquête montrent que les incertitudes présentes au début de la mise en place du programme par rapport à la procédure d'élaboration, la concertation et la poursuite du programme d'action intégrée ont désormais disparu dans beaucoup d'endroit. On voit clairement à travers les approches actuelles que les stratégies « ascendantes » (bottom-up) et les stratégies « descendantes » (top-down) sont combinées de façon très différente dans les étapes de la mise en place du programme. Les stratégies « ascendantes », utilisées jusqu'à présent dans la réalisation du programme, montrent que pour être efficaces, les programmes d'action intégrée doivent prendre en compte les intérêts, les activités et les besoins des habitants et des acteurs des quartiers. Dans deux tiers des questionnaires (147 réponses), il est indiqué que les programmes d'action intégrée doivent être développés avec la participation des habitants et des acteurs locaux. Seulement 5 % des personnes qui ont répondu (11 réponses) sont d'un autre avis.

Abbildung 32/33:
Diskussion am Modell in Hamburg – Lurup
(Fotos: Sabine Tengeler, Hamburg)

Première phase de l'élaboration

Il est mentionné dans les accords administratifs d'aide au développement urbain passés entre l'État et les Länder, que les programmes d'action intégrée doivent être créés de façon à accompagner les mesures. Il n'est cependant pas précisé si le projet doit être présenté dès la demande de financement ou s'il peut être élaboré au début de l'application du programme. Jusqu'à présent, on distingue deux démarches différentes : certaines communes associent déjà la demande de financement à l'élaboration du programme d'action intégrée puisque dans ce contexte, des données concernant les objectifs principaux de développement et les mesures prévues doivent être communiquées ; ailleurs, comme en Rhénanie du Nord-Westphalie et dans la Sarre (1), la présentation d'un programme d'action intégrée est la condition à l'acceptation par le Land dans le programme. Dans deux des sites modèles, l'élaboration de programmes d'action intégrée a précédé la demande d'aide (Leipziger Est, Ludwigshafen-Westend).

L'avantage d'une élaboration précoce du programme d'action intégrée est que le processus de développement de quartier est ciblé dès le départ et n'est donc pas « incrémentiel ». Étant donné que, dans la plupart des cas, aucune structure de participation n'est alors encore établie, l'élaboration ne peut se faire qu'au niveau interne de l'administration et sans la participation d'autres acteurs locaux et des habitants du quartier. En règle générale, il s'agit de projets de l'administration (dans le meilleur des cas en partie concertés) dont le traitement ultérieur requiert flexibilité et ouverture, afin que les chances d'alternance entre les approches « ascendantes » (bottom-up) et les approches « descendantes » (top-down) ne soient pas compromises. L'expérience montre que, dans ce cas, des processus de participation doivent être rapidement mis en place. Ces derniers sont primordiaux pour l'application, le développement et la poursuite du projet.

Dans de nombreux sites du programme, en revanche, l'élaboration des programmes d'action intégrée ne commence qu'après la mise en place du programme. Lors de la deuxième enquête, le programme d'action intégrée était encore en phase d'élaboration au moment de l'enquête, dans les sites ayant établi un tel programme afin de contrôler le développement intégré de quartier, soit 52 % des sites en 2001, 23 % en 2000 et 19 % en 1999. Dans la majeure partie des sites modèles, le programme d'action intégrée a également été élaboré pendant la mise en œuvre du programme. Ceci est dû notamment au fait qu'il manque encore un grand nombre d'informations essentielles sur le site au moment de la demande, que des structures d'organisation, de management et de communication doivent d'abord être mises en place, et qu'en règle générale, ceci doit se faire dans un laps de temps très court. En outre, les fortes attentes de résultats positifs dans le site et du côté des responsables politiques semblent se baser sur une approche pragmatique mettant l'accent sur la conception et la mise en œuvre de projets sans programme d'action intégrée concluant, ne s'appuyant donc sur aucun cadre d'orientation général obligatoire.

Cette approche du projet a également été adoptée dans le site modèle Gelsenkirchen–Bismarck/Schalke-Nord pour la première phase du programme pilote du Land en 1995 : « Les objectifs et les modèles n'ont pas été formulés de façon explicite, l'élaboration des projets individuels s'est faite sur la base d'une conception commune des problèmes et des perspectives des sites »(2). D'après les résultats du programme de veille scientifique sur place, « la réalisation rapide de projets individuels à applications diverses et avec une réussite visible » est une priorité (3). Les procédures d'orientation stratégique et la définition d'objectifs n'ont commencé qu'en 1997, soit deux ans après la mise en place du programme, alors que les différents acteurs et les structures d'organisation pour la mise en œuvre du programme étaient déjà présents (4).

Abbildung 34:
Planungswerkstatt Hof – Bahnhofsviertel
(Foto: Büro Dr. Holl, Würzburg)


Les avantages de cette approche sont que les projets (projets-clés) déjà réalisés permettent une amélioration rapidement visible dans les quartiers, alimentent les discussions et encouragent la motivation des habitants. D'autre part, il y a suffisamment de temps pour mettre en place des structures de management et d'organisation appropriées servant de base solide à une discussion systématique autour des modèles, objectifs et stratégies, pour permettre l'implication de la population et des acteurs du quartier, et pour offrir la possibilité aux acteurs locaux de se rencontrer et de travailler ensemble. Cependant, le fait que les objectifs ne soient pas clairement définis entraîne un risque de non définition du contenu et d'absence de programme précis pour le développement de quartier (5), si un programme d'action intégrée n'a pas été élaboré et suivi rapidement au cours du processus.

Tableau 8:Année d'adoption du programme et situation du programme d'action intégrée ; (n = 186). Seconde enquête (Difu 2002)

Programme d'action intégrée en cours d'élaboration

Programme d'action intégrée déjà en place

Total

valeurs absolues

%

valeurs absolues

%

valeurs absolues

%

1999

21

18,9

90

81,1

111

100

2000

11

22,9

37

77,1

  48

100

2001

14

51,9

13

48,1

  27

100

Total

46

24,7

140

75,3

186

100

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Répartition des responsabilités

Dans presque trois quarts des 187 sites pour lesquels un programme existe ou est en phase d'élaboration, l'administration est responsable du développement et de la poursuite des programmes d'action intégrée. La partie la plus importante revient, avec plus de la moitié des sites (105), aux secteurs de la planification, de la construction et des transports, qui s'occupent traditionnellement des questions de développement urbain, entre autres, dans le cadre de la rénovation classique. Les secteurs du social, de l'aide à l'enfance et aux jeunes ainsi que de l'économie sont beaucoup moins représentés, et ce, bien que le développement intégré de quartier privilégie désormais davantage les mesures sociales plutôt que les aspects urbanistiques et spatiaux. Les autres secteurs administratifs ne jouent que peu ou pas de rôle. La responsabilité a, en revanche, plus souvent été donnée aux bureaux de management de quartier locaux dépendant de l'administration, ainsi qu'aux sociétés de développement certes autonomes mais travaillant en étroite collaboration avec l'administration (autres services/domaines spécialisés).

Tableau 9:Responsables des services/domaines spécialisés dans l'élaboration du programme d'action intégrée (n = 187 ; plusieurs réponses possibles) Seconde enquête (Difu 2002).

Responsables des services/domaines spécialisés

Réponses

%

Planification, construction et transports

105

56,1

Secteur social

  18

  9,6

Économie

    9

  4,8

Aide à l'enfance et à la jeunesse

    8

  4,3

Culture

    3

  1,6

Environnement

    3

  1,6

Santé

    2

  1,1

Parité hommes/femmes, bureau de femmes

    1

  0,5

Autres services/domaines spécialisés

  15

  8,0

Aucune réponse

  51

27,3

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Dans les sites modèles, la responsabilité est également souvent accordée à l'administration communale ainsi qu'aux secteurs de la planification, de la construction et des transports. Pour le site modèle de Flensbourg–Neustadt, la ville a choisi de confier l'ensemble de cette tâche à deux secteurs administratifs. Sur la base d'un contrat de coopération, le secteur de l'environnement et de la planification est tout autant responsable de l'élaboration du programme que le secteur du social, de la jeunesse et de la santé. Une solution « tandem » comme celle-ci demande une coopération entre les responsables administratifs de l'urbanisme et du secteur social. Cette solution peut être considérée comme un pas dans la « bonne » direction au niveau de la mise en œuvre du programme.

Tableau 10: Niveaux et structures de management responsables pour l'élaboration et la poursuite du programme d'action intégrée (n = 222; plusieurs réponses possibles). Seconde enquête (Difu 2002)

Niveau du management

Structures de management

Réponses

%

Niveau du quartier

112

50,5

Niveau intermédiaire

  48

21,6

  57

25,7

  61

27,5

  60

27,0

Niveau administratif communal

  68

30,6

  79

35,6

  76

34,2

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L'expérience montre que les personnes en charge de l'élaboration des programmes (6) ne sont pas forcément les hauts responsables. Les enquêtes montrent que le quartier (bureau local/de quartier) a souvent été cité comme étant responsable de l'élaboration et de la poursuite des programmes d'action. En deuxième position viennent loin derrière les structures de management de l'administration locale. Les structures intermédiaires de management jouent un rôle moins important. Le grand nombre de réponses possibles laisse à penser que la responsabilité n'incombe pas à un seul niveau de management mais que l'élaboration et la poursuite du programme d'action intégrée doivent plutôt être prises en charge par un ensemble de structures de management à différents niveaux. Cette hypothèse est confirmée par les expériences acquises dans les sites modèles. Une mise en réseau des trois niveaux de management lors de la réalisation des tâches peut contribuer à réduire les risques de conflit entre les lieux de vie et les structures d'organisation (7). Une coopération et un travail commun permettent une meilleure prise en compte et une harmonisation entre les aspirations et les idées au niveau du quartier d'une part, et les « contraintes » et les différents intérêts de l'administration d'autre part.

Concertation et participation

Les processus nécessaires de participation et de concertation avec la population du quartier et les acteurs locaux mais également entre les services et les ministères sont souvent longs et mobilisent de nombreuses personnes. Cependant, 18  % des personnes ayant répondu à la deuxième enquête considèrent qu'il faut engager trop de dépenses pour la concertation au niveau du programme. Toutefois, près de la moitié des votants ne partage pas cet avis. L'expérience dans les sites modèles montre clairement que la négligence des processus de participation peut rendre très difficile le processus d'application. Pour le site modèle de Berlin-Kreuzberg–Kottbusser Tor, le programme de veille scientifique sur place a montré que la définition des objectifs, des projets et les évaluations des programmes d'action intégrée élaborés par le management de quartier local n'ont fait participer que trop rarement les habitants, les entreprises et les propriétaires immobiliers, les comités et les partis politiques mais aussi les services administratifs du district. Ceci a, par ailleurs, un impact négatif au niveau de la mise en œuvre du programme : « L'idée que les acteurs se font du programme « Ville sociale » et en quoi il se différencie des stratégies traditionnelles de renouvellement de quartier ou des programmes d'aide classiques, sont très hétérogènes. En fonction des intérêts, l'accent est mis sur les mesures d'investissement (propriétaires) ou sur les mesures ne nécessitant pas d'investissement (organismes de financement, initiatives)... Il n'y a pas de consensus sur le fait qu'il s'agisse d'un processus intégré de développement des sites »(8).

Niveau administratif communal

Les résultats d'enquête montrent que l'intégration de tous les services importants pour la mise en œuvre du programme dans l'élaboration des programmes d'action intégrée est encore loin d'être une évidence. Alors que les secteurs de la planification, de la construction et des transports participent presque systématiquement à la phase d'élaboration et que les secteurs du social et de l'aide à l'enfance et à la jeunesse sont également consultés dans pratiquement trois quarts des cas, la part d'implication des secteurs de l'économie, de la culture, de l'environnement, de l'éducation et des finances est nettement moins importante. Quant à la parité hommes/femmes et à la santé, elle n'est représentée que dans moins d'un tiers, voire moins d'un quart des sites. Aucune réponse n'a été faite dans 13 % des sites. On peut supposer qu'il n'a pas encore été pris de décision en ce qui concerne la participation des secteurs administratifs, puisqu'à une exception près, les programmes d'actions de ces sites se trouvent encore dans la phase d'élaboration.

Diagramme 26: Secteurs administratifs participant à l'élaboration des programmes d'action intégrée (n = 187; plusieurs réponses possibles). Seconde enquête (Difu 2002)

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La mise en place d'un groupe de travail interservices et interadministration dans lequel sont représentés tous les services participant au développement et à la mise en œuvre des programmes d'action intégrée (9), a fait ses preuves en tant que structure de coordination au sein de l'administration. Pour qu'un tel groupe de travail soit efficace, il faut que les membres détiennent suffisamment de pouvoir de décision pour déterminer lequel des services dont ils dépendent est responsable des programmes d'action choisis par le groupe de travail (10).

Acteurs locaux agissant à l'extérieur de l'administration communale

Les résultats d'enquête montrent qu'un nombre important d'acteurs différents et externes à l'administration participe régulièrement à l'élaboration de programme d'action intégrée. Dans un peu plus de la moitié des sites (103) pour lesquels un tel programme existe ou est en phase d'élaboration, huit acteurs ou plus y participent. On remarque que le taux de participation des entreprises (entreprises locales, entreprises privées, chambre de commerce, d'industrie et d'artisanat) et de l'administration du travail est particulièrement faible. Dans seulement 28 des sites (15 %), dont 23 dans lesquels un programme d'action intégrée est encore en préparation, l'élaboration se fait (encore) sans la participation des acteurs externes à l'administration.

Diagramme 27: Groupes d'acteurs participant à l'élaboration de programmes d'action intégrée (n = 187; plusieurs réponses possibles). Seconde enquête (Difu 2002)

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Dans la toute première phase d'élaboration des programmes d'action intégrée, il s'agit d'abord de mettre en réseau les nombreuses activités et acteurs agissant dans le quartier et pour le quartier – ce sont les conclusions tirées du congrès d'impulsion « Action intégrative pour le développement social du quartier » à Essen (11). Apprendre à se connaître, s'informer sur les activités des autres, établir des contacts mais aussi trouver « des partenaires » pour le travail au niveau du quartier, sont les priorités. Des forums, des conférences de quartier et des cercles de travail à thème se sont avérés efficaces pour établir des structures de communication et de coopération spécifiques à chaque site entre les acteurs du quartier (12), et offrent, de plus, la possibilité – à partir du moment ou les acteurs administratifs et politiques y participent – d'échanger les expériences en matière de modèles, d'objectifs, de mesures et de projets entre le lieu de vie et les structures d'organisation. Cet échange constitue un élément principal du programme d'action intégrée. Un encadrement fait par des professionnels et venant éventuellement de l'extérieur s'est avéré être une aide d'accompagnement précieuse.

Population du quartier

Les réponses montrent que dans un peu plus de deux tiers des programmes d'action intégrée (128), la population du quartier avait participé à l'élaboration du programme. Toutefois, l'enquête ne permet pas de savoir combien d'habitants se sont impliqués ni quelle était la qualité et la forme de leur participation.

Comme le montrent les expériences faites dans les sites modèles, il est en réalité difficile de faire participer les habitants à l'élaboration des programmes d'action intégrée s'ils ne sont pas déjà organisés au sein de structures. La discussion sur les modèles et les objectifs qui constituent les éléments fondateurs du programme d'action intégrée s'avère plutôt abstraite. C'est la raison pour laquelle cette discussion doit être présentée au niveau du quartier de façon à ce qu'un grand nombre d'habitants aient envie de participer. Dans ce contexte, différentes techniques d'implication ont fait leurs preuves (13). Il est également important que les discussions sur les modèles de cadre d'action et d'orientation pour le développement des sites ne soient pas dissociées de celles qui portent sur les mesures, projets concrets et actions individuelles visant à l'amélioration rapide de la situation dans le quartier (les fameux projets-phares ou projets-clés) et à la réalisation des objectifs. Le forum de Lurup par exemple, un conseil consultatif de quartier organisé à l'initiative des habitants dans le site modèle d'Hambourg-Altona–Lurup, a favorisé la discussion des objectifs du développement de quartier en proposant un modèle de quartier. Cette discussion autour des objectifs était liée à l'élaboration de critères permettant au forum de constituer une aide pour l'évaluation des projets (14).

Selon les résultats du groupe de travail « implication citoyenne » dans le cadre du congrès d'impulsion à Essen (15), il est nécessaire de déterminer concrètement les chances et la portée d'une participation, mais également de définir les marges de manœuvre en matière de prise de décision et d'action. Les questions suivantes doivent être clarifiées dès que possible afin de ne pas donner de faux espoirs et permettre d'engager des procédures constructives:

Si un programme d'action intégrée a été élaboré par l'administration dès la procédure de demande sans la participation des habitants, le danger est de voir apparaître une « participation pro forma » avec une information et une prise de connaissance s'effectuant a posteriori. Une « véritable » participation n'est possible que si le programme d'action est considéré par l'administration comme un instrument de base et qu'il est inclus dans des processus de participation. Lorsque le programme d'action intégrée est élaboré seulement au cours de la mise en œuvre du programme et lorsque des réseaux et comités de quartier sont déjà en place, la population du quartier peut déjà participer à l'analyse des problèmes et des potentiels ainsi qu'au développement d'idées de projets.

Les premières approches d'engagement de la population du quartier peuvent toutefois être très rapidement entravées par l'incompétence des « professionnels » : les exigences en matière de délais et de contenu du programme du côté politique et du côté de l'administration communale peuvent peser si fortement sur le processus de développement « par le bas » que la motivation de la population des quartiers à participer diminue rapidement ou est complètement bloquée. Il en va de même lorsque la logique des structures d'organisation – directives en matière de subvention, contrainte des délais, règles et habitudes des procédures – est difficile à concilier avec le lieu de vie que représente le quartier, qui semble parfois anarchique – spontanéité, dynamique plus difficile à évaluer, au sens positif comme au sens négatif du terme.

C'est la raison pour laquelle des structures flexibles doivent être mises en place afin de laisser à tous les acteurs une marge de manœuvre aussi grande que possible, de tenir compte de la dynamique et de la force des processus et de permettre une communication réciproque au sens d'une « coopération verticale » et du principe dit de « contre-courant » (Gegenstromprinzip). Ainsi, il est apparu clairement dans le site modèle d'Hambourg-Altona–Lurup que les exigences en matière de délais, à savoir l'élaboration d'un « programme de développement de quartier » en moins d'un an, n'étaient pas acceptables pour les acteurs locaux. C'est une approche qui ne tient pas compte de la réalité, « car elle fait naître des conflits, affaiblit la confiance acquise et conduit, dans le pire des cas, à une résignation et à un désengagement des acteurs locaux »(16).  En accord avec le management de quartier local, l'administration et les responsables politiques du district, les acteurs locaux (Forum de Lurup) ont décidé, dans un premier temps, de présenter l'état actuel des discussions sur le programme avant d'entamer le processus de concrétisation.

Poursuite du programme

Seule l'interaction entre l'élaboration du programme et les expériences de mise en place permet d'améliorer les programmes d'action intégrée – au sens de la formulation choisie dans les accords administratifs : « en accompagnement des mesures ». Lors du deuxième congrès d'impulsion, le groupe de travail « Critères de qualité pour les programmes d'action intégrée » a d'ailleurs souligné qu'il fallait considérer les programmes d'action intégrée comme des cadres d'orientation souples, s'entendre continuellement sur le discours tenu dans les sites à propos du succès, de l'échec et du besoin de modification, afin d'adapter les programmes aux conditions changeantes (comme des systèmes qui évoluent avec des acteurs qui apprennent). Les forums, les conférences de quartier et les tables rondes permettent, par exemple, la participation de tous les acteurs, tout en assurant la transparence dans la prise de décisions (17).

Jusqu'à présent, la mise en œuvre du programme accorde particulièrement d'importance à la poursuite des programmes d'action intégrée. Deux tiers des programmes ont déjà été renouvelés. La plupart des programmes (70 %) ne sont pas poursuivis suivant des délais précis, mais plutôt selon les besoins, afin que les demandes d'aide puissent être formulées rapidement.

Malgré la souplesse de la procédure, il est nécessaire de formuler des objectifs obligatoires, réalisables et applicables lors de la phase d'élaboration. Dans le cadre de l'évaluation et du monitoring (18), des bilans sur le succès des mesures et activités réalisées peuvent être fournis en permanence, afin de poursuivre l'élaboration du programme d'action intégrée de façon adéquate – en modifiant éventuellement les objectifs (19). De plus, dans un souci de compréhension, les différentes étapes de mise en place et de poursuite du programme doivent faire l'objet de rapports.

(1) Ministère du Travail, des Affaires sociales et du Développement urbain, Ministère de la Culture et des Sports du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, quartiers avec un besoin particulier de renouvellement – programme d'action polyvalent ; Ministère de l'Environnement de la Sarre, « Stadt-Vision-Saar » – programme intégré de développement urbain dans les sites sensibles de la Sarre, Saarbrück 2000.

(2) Wolfram Schneider, Fortschreibung und Umsetzung der Konzepte. Exposé d'impulsion du groupe de travail 7, dans : Institut Allemand d'Urbanisme (Éditeur), congrès d'impulsion « action intégrative pour le développement social des villes ». Documentation sur la manifestation des 5 et 6 novembre 2001 à Essen, Berlin 2002, p. 125 (document de travail sur le programme « Ville sociale », Vol. 7).

(3) Klaus Austermann, Marcelo Ruiz und Matthias Sauter, Integrierte Stadtteilentwicklung auf dem Weg zur Verstetigung. Gelsenkirchen-Bismarck/Schalke-Nord, Rapport final du programme de veille scientifique sur place, Dortmund 2002, p. 24 (travaux de l'Institut de recherche pour le développement urbain et régional, Vol. 186).

(4) La méthode est différente en ce qui concerne le nouveau site du programme, Gelsenkirchen-Südost. En raison des expériences faites à Bismarck/Schalke-Nord lors de la phase de préparation du programme de quartier, l'administration a ici travaillé à l'élaboration d'un programme d'action intégrée avec des idées directrices, des stratégies et des objectifs pour chaque champ d'action. Un grand nombre de secteurs et d'organisations de la commune mais aussi d'acteurs de la politique locale et d'investisseurs ont été impliqués. Si l'on compare avec le site de Bismarck/Schalke-Nord, ceci a permis dès le début d'éveiller l'intérêt de nombreux acteurs à la mise en place du programme (Stadt Gelsenkirchen, Integriertes Handlungskonzept Gelsenkirchen-Südost, novembre 2001).

(5) Austermann/Ruiz/Sauter, p. 24.

(6) Cf. chapitre 7 à propos des différents niveaux de management de la mise en œuvre du programme (niveau administratif, niveau intermédiaire, niveau du quartier).

(7) John Friedmann évoque d'une part le lieu de vie, sorte d'univers bariolé du quotidien qui se joue dans les petits espaces de la ville – dans la rue, les bars, les maisons, sur les aires de jeu pour enfants, dans les églises et les mosquées –, et d'autre part les grosses structures d'organisation – les ministères, le milieu scientifique et technique, la planification urbaine –, en d'autres termes le monde intellectuel, et indique que ces deux mondes sont incapables de se comprendre, ne serait-ce qu'au niveau linguistique, et qu'il est d'abord nécessaire d'établir des ponts afin qu'une communication soit possible entre les deux ; cf. John Friedmann, "Die verwundete Stadt. Gedanken zur Sozialplanung der Stadt", dans : Institut Allemand d'Urbanisme (Éditeur), congrès « Ville sociale – Cohésion, sécurité, avenir ». Documentation sur les manifestations des 7 et 8 mai à Berlin, Berlin, novembre 2002, p. 115-120 (Document de travail du programme « Ville sociale », Vol. 8).

(8) Beer/Musch, "Stadtteile...", p. 85.

(9) Cf. chapitre 7 pour plus de détails.

(10) Renate Mayntz, Politische Steuerung, dans : Schader-Stiftung (Éditeur), Politische Steuerung der Stadtentwicklung. Le programme « Ville sociale » en discussion, Darmstadt 2001, p. 41 (Gesellschaftswissenschaften – Praxis).

(11) Heidede Becker, Fortschreibung und Umsetzung der Integrierten Handlungskonzepte. Rapport du groupe de travail 7, ans : Institut Allemand d'Urbanisme, congrès d'impulsion action intégrée, p. 130 ; Ingeborg Beer, Bewohnerbeteiligung bei der Entwicklung von Integrierten Handlungskonzepten. Rapport du groupe de travail 1, dans : Institut Allemand d'Urbanisme, congrès d'impulsion action intégrée, p. 74.

(12) Cf. chapitre 7 pour plus de détails.

(13) Cf. chapitre 8.

(14) Programme de développement de quartier . Ziele für Lurup, dans: Lurup im Blick, décembre 2001/janvier 2002 et novembre 2002.

(15) Beer, dans : Institut Allemand d'Urbanisme (Éditeur.), congrès d'impulsion « action intégrative », Document de travail du programme « Ville Sociale », Vol. 7, S. 73.

(16) Cf. Ludger Schmitz; Quartiersentwicklungskonzepte in Hamburg, dans: info «  Ville sociale » , N. 6 (2001), p. 11.

(17) Rolf-Peter Löhr, Qualitätskriterien für Integrierte Handlungskonzepte. Rapport du groupe de travail 11, dans : Institut Allemand d'Urbanisme, congrès d'impulsion action intégrative, p. 174.

(18) Cf. chapitre 9 pour plus de détails.

(19) Löhr, Qualitätskriterien, p. 174 et s.


  


Source: Soziale Stadt - Strategien für die Soziale Stadt, Erfahrungen und Perspektiven – Umsetzung des Bund-Länder-Programms „Stadtteile mit besonderem Entwicklungsbedarf – die soziale Stadt", Deutsches Institut für Urbanistik 2003

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