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Priorité : La promotion de la santé – Un thème clé dans le développement de quartier intégré.


La concentration de foyers défavorisés – chômeurs, bénéficiaires d’aides sociales, immigrés, familles monoparentales, familles nombreuses – dans les quartiers avec un besoin particulier de développement implique une certaine concentration de la pauvreté dans ces quartiers. En outre, même en Allemagne, cette pauvreté accroît les risques de détérioration de la santé (1)Par exemple, le taux de mortalité chez les chômeurs et 2,6 fois supérieur à celui des personnes actives (cf. Trabert 2002 : p. 137). Le nombre de malades est également sensiblement plus élevé pour les personnes à faibles revenus ou appartenant à une catégorie socio-économique inférieure que pour les personnes ayant un salaire élevé (cf. Rosenbrock/Geene 2000). En effet, le désavantage social entraîne une augmentation du risque de problèmes de santé, d'autant que les personnes dans cette situation voient diminuer leurs ressources personnelles, économiques et sociales permettant de lutter contre ces risques (cf. Babitsch 2000: p. 130 et suivantes). Ces groupes sociaux ont rarement recours aux services de prévention et de promotion de la santé car ces derniers s’adressent surtout aux classes moyennes (cf. Grahlen/van Os-Fingsberg 2000: p. 90). De plus, les comportements nuisibles à la santé, tels que le tabagisme, l’abus d’alcool, la consommation de drogues, une alimentation déséquilibrée et le manque d’activité physique (cf. entre autres Babitsch 2000 : p. 131) viennent encore aggraver la situation.
La santé des immigrés est particulièrement mise en danger du fait même de leur immigration ou de celle de leurs proches (2)d’une part et, d’autre part, de leur méconnaissance des services de prévention et de soins existants et des barrières linguistiques et culturelles. Cependant, nous ne disposons actuellement que de données ponctuelles sur leur état de santé (3) : nous savons, par exemple, que le taux de mortalité des nourrissons d’origine étrangère dépasse de 29% celui des nourrissons allemands. Par ailleurs, le risque d’accidents du travail pour une catégorie socio-professionnelle et un sexe donnés est un peu plus élevé pour les immigrés (cf. Ministère des affaires étrangères [Éditeur], 2000 : p. 160). Un rapport sur la santé dans les quartiers, établi en 1997 pour le quartier de Gostenhof à Nuremberg (qui compte plus de 40% d’habitants immigrés) (cf. Ville de Nuremberg, Service de l’hygiène publique [Éditeur], 1997 ), a révélé que, dans ce quartier, la santé dentaire des enfants d’origine étrangère est plus mauvaise que la moyenne nationale : 63% des enfants d’origine étrangère âgés de trois à six ans avaient besoin de soins dentaires, contre 40% pour les Allemands du même âge.

Charte d´Ottawa pour la promotion de la santé, 1986 (extrait)
Engagement des participants à la Conférence

Les participants à la Conférence s’engagent à :

  • intervenir dans la politique de promotion de la santé et plaider en faveur d´un engagement politique clair pour la santé et l´égalité des chances dans tous les secteurs.

  • contrer les pressions exercées en faveur de la fabrication de produits dangereux, ou qui entraînent l’épuisement des ressources, détériorent les conditions de vie, nuisent à l’environnement ou encore entraînent un déséquilibre alimentaire. Il convient également d’attirer l’attention sur les questions de santé publique, telles que la pollution, les risques d’ordre professionnel, le logement et l’urbanisme.

  • combler les écarts de niveau de santé dans les sociétés et lutter contre les inégalités dues aux règles et aux pratiques de ces sociétés.

  • considérer les individus comme garants de leur propre santé, les soutenir et leur donner les moyens financiers et autres, pour qu’ils demeurent en bonne santé, ainsi que leur famille et leurs amis. Il s’engagent à accepter la communauté et ses organisations comme les principaux partenaires en matière de santé, de conditions de vie et de bien-être.

  • réorienter les services de santé et leurs ressources au profit de la promotion de la santé et chercher à favoriser la collaboration de ces services avec d’autres secteurs, d’autres disciplines et par-dessus tout avec la population elle-même.

  • reconnaître que la santé et son maintien constituent un investissement social et un défi à relever, et traiter la question écologique globale que représentent nos modes de vie et notre survie.

Les participants au programme invitent toutes les personnes intéressées à se joindre à eux dans leur engagement en faveur d’une puissante alliance pour promouvoir la santé publique.


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Problèmes dans les quartiers du programme (Sondage)


Depuis la Charte d’Ottawa émise par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1986 et depuis la création en 1989 du réseau allemand des Villes-Santé (cf. http://www.Gesunde-Staedte-Netzwerk.de/ ), on s’intéresse de plus en plus au lien qui existe entre la pauvreté et la santé. D’ailleurs, le congrès fédéral «°Pauvreté et santé°» qui se tient chaque année à Berlin depuis 1995 (cf. contribution dans ce cahier) en est un exemple. Au cours de ces dernières années, le rapport entre la promotion de la santé et le développement social urbain a pris une place de plus en plus importante dans les discussions du congrès. C’est pourquoi, en 2001 et 2002, un groupe de discussion spécial du congrès s’est entièrement consacré au thème «°ville sociale et santé°». Ces réunions ont révélé, d’une part, que le développement social urbain est un élément essentiel de la politique intégrée de promotion de la santé et, d’autre part, que la prévention et la promotion de la santé sont des conditions sine qua non pour lutter contre le désavantage social des habitants des quartiers avec un besoin particulier de développement.

La politique de la santé :
Jusqu'à présent faible présence dans la mise en œuvre du programme

Dans le sondage réalisé par l’Institut Allemand d’Urbanisme ( Difu ) dans le cadre du programme de veille scientifique (Programmbegleitung vor Ort, PvO) mis en place dans les quartiers du programme sur l’ensemble du territoire fédéral, seules 8,1% des quartiers participants font explicitement état de problèmes en matière de santé. Le domaine de la santé est donc l’un des problèmes les moins mentionnés. Ce résultat peut s’expliquer par le manque d’attention que l’on accorde à ce sujet dans le renouvellement urbain traditionnel (4) . D’autre part, les problèmes de santé liés à l’environnement (5) , tels que les nuisances sonores, ont pu être classés dans la même catégorie que les problèmes liés à la pollution et aux déficits au niveau des lieux de vie. Cette classification s’explique par le fait que les personnes interrogées travaillent, pour la plupart, dans le domaine de l’urbanisme (6). C’est pourquoi, il faut revoir ces pourcentages à la hausse pour avoir une idée plus précise de l’ampleur des problèmes sanitaires dans ces quartiers.

Les expériences menées dans les 16 sites pilotes du programme «°ville sociale°» vont dans le même sens : dans 14 de ces zones, l’équipe de veille scientifique (Programmbegleitung vor Ort, PvO) fait état de problèmes sanitaires au sein de la population des quartiers. Les problèmes de santé des enfants et des adolescents tels que le surpoids, les déformations pathologiques du squelette, les maladies respiratoires, les caries, les allergies, les troubles du langage et les problèmes moteurs (7) sont prédominants. Les symptômes révélateurs d’hygiène de vie insuffisante chez les enfants peuvent aller jusqu’à l’état de déchéance, comme on a pu le constater pour le quartier pilote d’Altona-Lurup à Hambourg : «°Lors de discussions avec le personnel des écoles, des garderies et des infrastructures pour les jeunes, on a souligné le fait que certains enfants sont littéralement affamés, notamment après les week-ends°» ( Breckner et a. 2002: p. 41). Dans le quartier pilote de Kreuzberg – Kottbusser Tor à Berlin, ce problème est encore plus flagrant : d'après le bureau du management de quartier, «°Les enfants affamés ne sont pas des cas rares. En plus des adultes sans domicile fixe, on compte de plus en plus d’enfants de toutes nationalités qui se nourrissent de détritus°» ( Beer/Musch 2002 : p. 46). À cela s’ajoutent, pour environ un tiers des sites pilotes, de graves problèmes de drogue et de toxicomanie.

En plus des risques pour la santé liés aux problèmes sociaux, plus de la moitié des sites pilotes ont également cité les risques liés à l’environnement, notamment les dangers de la route ainsi que les nuisances sonores, les émissions de gaz toxiques et les risques d’accidents qu'ils impliquent. C’est surtout dans les quartiers où les constructions sont vétustes que l’on constate un manque tant au niveau de la qualité que de la quantité en ce qui concerne les espaces verts et les terrains disponibles, ce qui crée un microclimat défavorable où les lieux de détente comme les aires de jeux et les terrains de sports pour les enfants et les jeunes sont insuffisants. Contrairement aux États-Unis, rares sont les études qui, en Allemagne, déterminent dans quelle mesure les risques sanitaires liés à l’environnement révèlent une répartition inégale de la dégradation environnementale sur le plan socio-spatial (cf Maschewsky 2002, 2002°: p. 38 et suivantes).

Un peu plus du quart des participants au sondage Difu (28,8%) indiquent que dans le quartier où ils vivent, des mesures et des projets liés à la santé sont mis en œuvre. Même si ce chiffre semble étonnamment élevé, étant donné que très peu de quartiers avaient mentionné ce problème, la santé n’en est pas moins reléguée au dernier rang sur la liste des champs d’action du développement urbain intégré. L’importance accordée à ce secteur dépend, en grande partie, de l’implication de l’administration pour la promotion de la santé dans la mise en œuvre du programme. Dans les quartiers où l’administration de la santé communale a participé à l’élaboration du projet d’action intégré (dans 43 quartiers sur 187), on constate une augmentation de 60°% des mesures en faveur de la santé.

Cependant, étant donné que le secteur de la santé présente un caractère transversal, il est très souvent influencé par des mesures prises dans d’autres domaines (8) . Ainsi, une série de mesures prises dans les secteurs de l’environnement, des transports, du logement et des lieux publics permettent, par la même occasion, de réduire les risques sanitaires liés à l’environnement. De nombreuses mesures prises dans le domaine sportif contribuent aussi grandement à la promotion de la santé. De la même manière, les mesures liées à l’emploi ont des répercussions sur la promotion de la santé, étant donné qu’elles contribuent à améliorer la situation économique des habitants et leur permet de prendre conscience de leur propre valeur (cf. par ex. Junge-Reyer 2000 , 2000: p. 32).

On peut supposer que les effets indirects des différents champs d’action sur la promotion de la santé ne sont pas toujours prévus par les acteurs, mais qu’ils se font ressentir, par hasard, lorsqu’une action est menée. Cette hypothèse est confirmée, entre autres, par le faible pourcentage (2,3 %) de participants au sondage qui estiment qu'il est particulièrement important de prendre des mesures dans le secteur de la santé. Ce résultat reflète le peu d’attention que les responsables de programmes communaux accordent au secteur de la santé, ceux-ci donnant, pour la plupart, la priorité à l’architecture et à l’aménagement des villes.

Les stratégies de prévention et de promotion de la santé au niveau du quartier

Les mesures et les projets mis en place dans le secteur de la santé donnent la priorité aux services de prévention et de promotion de la santé (9) comme en témoignent les expériences menées dans les sites pilotes et les exemples tirés de la banque de données du projet « ville sociale » (cf. www.sozialestadt.de/praxisdatenbank/ ). La focalisation sur l’espace de vie communautaire et sur les modes de vie des habitants en est caractéristique. Cette approche axée sur le quartier correspond à « l’approche Setting » que l’OMS a adopté en 1986 (cf. Göpel 2002 : p. 16) pour mettre en œuvre la prévention et la promotion de la santé. Par settings, on entend les différents lieux de vie et leurs structures sociales et organisationnelles spécifiques, tels que l’école, l’entreprise, le quartier, ces endroits où les gens passent la plupart de leur temps et où ils construisent un mode de vie déterminant pour leur santé. La prévention et la promotion de la santé dans les quartiers participant au programme sont destinées, d’une part, à développer des services faciles d’accès pour les groupes cibles difficiles à atteindre, et d’autre part, à créer des réseaux favorisant la collaboration dans le secteur de la santé.

Le développement de services faciles d´accès pour les groupes-cibles isolés

Pour la prévention et la promotion de la santé, des mesures spécifiques, facilement accessibles aux groupes-cibles, sont développées à la lumière des expériences passées. Celles-ci ont montré que les services traditionnels s’adressent, la plupart du temps, à la couche moyenne de la société et ne touchent généralement pas les groupes particulièrement menacés, ceux-là même qui se trouvent dans des situations sociales défavorisées. Les services développés récemment s’efforcent donc de prendre en compte les conditions de vie, élément déterminant pour la santé, ainsi que les ressources individuelles et sociales des groupes concernés. « L’approche Setting » s'avère être efficace lorsqu’elle est mise en place dans des lieux et des institutions du quartier auxquels les habitants ont accordé leur confiance. Il peut s’agir d’écoles, de garderies, d’associations, mais aussi de mosquées ou d’autres institutions religieuses.

  • Les services destinés aux enfants et aux adolescents

Les enfants et les adolescents constituent un groupe-cible important pour ces services, d’une part parce qu’ils ont souvent une santé très fragile, et d’autre part, parce que le potentiel de santé de ces groupes est élevé et doit être renforcé et préservé. Pour ce faire, on favorise avant tout, les projets de proximité visant à distribuer aux enfants des repas sains et à les sensibiliser au rapport entre l’alimentation et la santé, ainsi que les projets proposant des activités sportives et des mesures de prévention contre la violence et la toxicomanie (10).

Partenaires du projet « cantine pour enfants »
Ressources nécessaires Organismes responsables des ressources et des frais
Organisation  
Salle disponible pour les repas et les devoirs Portes ouvertes du foyer des riverains de Wuppertal
Transport : véhicules et conducteurs (Nachbarschaftsheim Wuppertal)
Suivi pédagogique et aide aux devoirs (association déclarée)
Contact avec les parents et les enfants Écoles primaires du quartier
Publicité  
Équipement nécessaire à la préparation des repas et transport de la nourriture Œuvre sociale de l’Église évangélique : Institution fixe pour les sans-abri (Bodelschwinghhaus (maison Bodelschwingh))
Personnel Ville de Wuppertal : un emploi dans le programme « aide à l’emploi »
Frais particuliers, par ex,. nourriture Soutien financier : supermarché Akzenta et paroisse St-Petri

Projet « L’apprentissage ne doit pas rester sur sa faim » dans le quartier d’Osterbaum à Wuppertal
Photo: employées de la cantine.

Dans le quartier Schwachhausen de Brême, on a développé le programme Manger dans les écoles. Il est le résultat d’une initiative commune entre une école du quartier, les services administratifs municipaux chargés de l’éducation et de la science, ceux qui sont chargés de l’emploi, des femmes, de la santé, de la jeunesse, les services sociaux ainsi qu’une association de femmes du nom de Quirl (association déclarée). Des repas équilibrés sont cuisinés et distribués aux élèves dans la cantine de l’école. Cette tâche est accomplie par des femmes sans profession, employées et formées par l’association Quirl. Le projet Alimentation de qualité, initié par le ministère de la Basse-Saxe pour l’alimentation, l’agriculture et la sylviculture dans le quartier de Lüneburg-Kaltenmoor, vise à améliorer les habitudes alimentaires de la population du quartier et à fournir des repas aux élèves. Les acteurs du projet ont contribué au développement des activités et des services suivants: distribution de déjeuners aux élèves et de petits-déjeuners aux habitants, séminaires sur l’alimentation, publication d’un livre de cuisine et préparation de « restauration de qualité » lors de diverses manifestations. Dans le cadre du projet l’apprentissage ne doit pas rester sur sa faim mené à Osterbaum, quartier de Wuppertal, des élèves du primaire et de jeunes collégiens (soit des enfants de six à douze ans), reçoivent un déjeuner chaud dans la cantine d’une garderie d’enfants située dans un foyer du voisinage. En plus de cela, ils bénéficient d’un soutien scolaire pour faire leurs devoirs et ont la possibilité de jouer librement. La maison de santé à Gelsenkirchen-Bismarck/Schalke-Nord s’attelle avec une ferveur particulière à des projets destinés aux enfants et aux jeunes : les activités proposées vont de la sensibilisation au problème du SIDA jusqu’à un entraînement anti-violence. Dans le cadre d’un projet pilote mené sur une période de deux ans pour promouvoir la santé des enfants en âge préscolaire, des nouveaux moyens sont expérimentés dans les jardins d’enfants pour favoriser l’activité corporelle.

  • Les services destinés aux femmes

D’autres mesures s’adressent spécialement aux femmes du quartier et leur donnent l’occasion de s’informer sur la promotion de la santé et d’être conseillées (11) . L’objectif principal est d’inciter les femmes à prendre en charge leur propre santé, à mener « une vie saine » au quotidien (par ex. en matière d’alimentation et d’hygiène corporelle) et à bénéficier des aides médicales ciblées dont elles ont besoin. De nombreux services sont, par ailleurs, destinés à sensibiliser les femmes, en tant que mères, au thème de la promotion de la santé et à leur faire prendre conscience de son importance pour le développement de leurs enfants. Un autre élément essentiel est l’encouragement et le soutien de la solidarité dans le quartier : les projets doivent permettre aux femmes de prendre l’initiative de rencontrer d’autres femmes du quartier et doivent leur donner la possibilité d’organiser une entraide. On encourage ainsi à la fois la prise d’initiatives et de responsabilités.

BL’oasis des femmes de Lurup (Luruper Frauenoase) dans le quartier d’Altona à Hambourg et le projet Gymnastique et autre pour les mères et leurs enfants (Mutter-Kind-Turnen und noch mehr) dans le quartier de Hochlarmark à Recklinghausen sont des exemples de projets menés pour promouvoir la santé auprès des femmes. « Au sein de « l’oasis des femmes de Lurup » , des groupes de travail de différentes tailles sont constitués en fonction des projets et des thèmes à développer, et des intérêts de chacun. Ils sont coordonnés par quelques femmes bénévoles » ( Breckner et a. 2002 : p. 45). L’un des projets de Lurup est le brunch du dimanche, organisé dans les locaux d’une association. Les mères et leurs enfants prennent leur petit-déjeuner ensemble, puis on propose aux enfants des activités psycho-motrices animées par deux collaboratrices spécialement formées pour cet encadrement. Les femmes, et plus précisément les mères, profitent de ce « temps libre sans enfants » pour s’informer et être conseillées sur les possibilités offertes par la promotion de la santé. Ces renseignements sont fournis par des femmes du quartier qui se sont spécialisées sans ce domaine et par des employées du centre de santé pour les femmes de Hambourg. Le projet Gymnastique et autre pour les mères et leurs enfants, placé sous l’égide du bureau de quartier et de la municipalité, a permis d'organiser la rencontre avec quinze mères qui viennent jouer avec leurs jeunes enfants, chanter et faire du travail manuel. Les responsables du projet veillent notamment au développement des capacités langagières des enfants (les deux-tiers d’entre eux étant issus de l’immigration). Celles-ci sont favorisées, entre autres, par une éducation aux mouvements proposée en continu (« Apprendre par le mouvement »). Le club sportif et la Volkshochschule (université populaire) apportent leur aide pour compléter ce service par le biais d’une série de conférences sur des thèmes tels que « l’alimentation saine » et « le mouvement chez le jeune enfant et l’enfant en âge préscolaire ». La maison de santé Bismarck à Gelsenkirchen mène, elle aussi, un projet comparable.

Il est fréquent que les services proposés spécifiquement aux femmes s’adressent avant tout aux immigrées (12) . En effet, ce groupe a souvent une grande méconnaissance des questions de santé et des services de prévention sanitaire et d’assistance médicale. Ces femmes ne maîtrisent pas la langue allemande et ont, de par leur culture et leurs origines sociales, une autre conception de leur rôle, ce qui ne facilite pas leur accès aux informations et à une assistance médicale optimale. Les mesures ayant permis d’atteindre ces groupes-cibles sont, outre les informations livrées en langue maternelle, la mise en place de cours libres d’accès, de cercles de discussion et, surtout, de visites au domicile des femmes ainsi que des aides directes lorsque leurs familles sont touchées par des problèmes de santé.

Un projet sanitaire local, destiné avant tout aux femmes immigrées, est mis en œuvre au sein du centre interculturel de la maison Bayouma (Bayouma-Haus) (aux alentours de la place Boxhagener, dans Friedrichshain, quartier Est de Berlin). Il se traduit par des exposés sur la prévention médicale et l’éducation à la santé, l’élaboration de matériel explicatif disponible dans plusieurs langues sur des thèmes relatifs à la santé, la réalisation, en collaboration avec les services de santé du district, d’un travail ciblé de prévention, ainsi que la multiplication des manifestations pour les experts des domaines sanitaires et sociaux et pour les familles étrangères, dans les locaux de la Volkshochschule (université populaire).

  • La création de réseaux pour promouvoir la santé au sein du quartier

L’objectif de la création de réseaux pour promouvoir la santé au sein du quartier (13) est de mettre en œuvre une promotion de la santé coopérative sous forme de pacte d’action pour la santé dans le quartier. Ce pacte est établi entre tous les acteurs du quartier travaillant dans le domaine de la santé et de sa promotion.

Parmi les partenaires potentiels, on compte, entre autres, le service de l’hygiène publique, les travailleurs sociaux et de santé indépendants, les associations d'entraide, les médecins, les pharmaciens, les caisses de maladie, les associations sportives ainsi que les écoles et les garderies. L’expérience prouve que la mise en œuvre de tels réseaux permet souvent un premier contact, un échange de points de vue, de conceptions et d’idées sur la promotion de la santé ainsi qu’une action commune au sein du quartier.

Maison de santé Bismark à Gelsenkirchen
Image vidéo : Berlin Daylight


Suivant le credo « pour un Heimfeld sain », différents acteurs du quartier de Heimfeld-Nord à Hambourg se sont associés pour fonder le groupe de travail « pour un Heimfeld sain » (Arbeitskreis Gesundes Heimfeld). Les représentants du service de l’hygiène publique, les centres d’accueil pour les enfants, les écoles, le centre de protection de l’enfance, le club des jeunes, les associations de femmes, les œuvres sociales et le bureau du quartier se rencontrent chaque mois pour discuter des questions d’actualité, pour décider ensemble des principales orientations de travail et pour réaliser, au sein du quartier, des actions destinées à inciter la population à agir d’elle-même en faveur de sa propre santé. Les principaux groupes-cibles sont les parents et les enfants. Un sondage réalisé auprès des habitants a révélé que les chevaux de bataille sont les thèmes de « l’alimentation », du « sport » et de « l’éducation ». Le groupe de travail « pour un Heimfeld sain » a organisé autour de ces thèmes des réunions d’information, une semaine de la femme et a mis en place des services sanitaires lors de la fête annuelle du quartier.

Renforcer la promotion de la santé pour en faire un champ d'action pour le programme « ville sociale »

La promotion de la santé a été, jusqu'à présent, plutôt négligée dans la mise en œuvre du programme « ville sociale », bien qu’elle soit un élément clé du développement de quartier intégré. Dans certains quartiers participant au programme, on constate néanmoins des approches déjà prometteuses en matière de promotion de la santé. Il s’avère donc nécessaire de renforcer ce champ d’action dans le cadre du développement de quartier intégré. En effet, la prévention et la promotion sanitaires sont des conditions préalables nécessaires pour lutter contre le désavantage social des habitants des quartiers défavorisés. Pour que le thème de la santé soit plus présent dans les discours de ceux qui agissent en réseau pour le développement de quartier intégré, il est nécessaire, entre autres, que les acteurs locaux de la promotion de la santé et de l’hygiène publique soient plus impliqués qu’aujourd’hui. Ils doivent également être actifs localement à tous les niveaux de la mise en œuvre du programme: au niveau de l’administration, au niveau intermédiaire et au niveau du quartier. À cette fin, il est utile que le management de quartier, puisqu’il est un élément clé dans la mise en œuvre du programme « ville sociale », s’attache à intégrer le thème de la « promotion de la santé » dans son travail et qu’il participe à la création, la consolidation et la coordination des structures de réseautage et de coopération entre les acteurs importants au niveau de l’administration, au niveau intermédiaire et au niveau du quartier.


Christa Böhme und
Ulla-Kristina Schuleri-Hartje (Difu
)

Anmerkungen

(1)Cf. entre autres les publications du ministère fédéral de la santé et de la sécurité sociale (Éditeur) (2001); Rosenbrock/Geene (2000 : p. 10 et suivantes) ; Mielck (2000); Knopf et a. (1999 : p. 169 et suivantes).

(2) « La migration va généralement de pair avec la séparation, les grandes angoisses face à l’avenir, les incertitudes quant à la légalité et dans le cas des réfugiés s’ajoutent souvent à cela des expériences traumatisantes et des conditions sociales difficiles en Allemagne » ( groupe de travail pour la promotion de la santé, Hambourg (association déclarée) (Éditeur) 2002: Éditorial).

(3) Les statistiques de la morbidité et de l’appel aux services de santé par les immigrés sont toujours lacunaires. En effet, il n’existe pas d’enquête représentative explicite sur leur état de santé, et ces groupes de population ne sont pas mis à part dans les études générales menées sur les conditions sociales. Cf. Ministère des affaires étrangères (Éditeur) (2000 : p. 159).

(4) Ainsi, dans un projet de recherche mené à l’Institut pour la sociologie médicale de la clinique universitaire d’Eppendorf à Hambourg pour « la promotion de la santé, la participation des habitants et le développement urbain » on a recherché si les questions de santé jouent un rôle dans l’assainissement du quartier d’Osterkirchenviertel à Hambourg-Altona, et dans quelle mesure. Il ressort de cette étude qu’il n’y a quasiment pas de rapport explicite à la santé. Cf. Alf Trojan et a. (1998 : p. 23 et suivantes).

(5) La différenciation entre les dangers pour la santé liés à la société et ceux liés à l’environnement fait partie intégrante d’un modèle socio-écologique de santé. Ce modèle constitue la base théorique du plan directeur de la promotion de la santé tel qu’il a été défini dans la Charte d’Ottawa de l’OMS en 1986. Cf. Alf Trojan et a. (1998 : p. 15).

(6) . Dans l’étude cité en note 4, on a également constaté que les pressions liées à la circulation et à l’environnement ont certes été citées dans le cadre du processus d’assainissement, mais sans qu’il soit fait référence à la santé. Cf. Alf Trojan et a. (1998 : p. 23 et suivantes).

(7) Des généralités sur la situation sanitaire des enfants et des adolescents défavorisés sont disponibles dans : Hock/Holz/Simmedinger (2000) ; les publications du district de Mitte à Berlin, Section santé et services sociaux (Éditeur) (2001 : p. 34 et suivantes); Bureau fédéral pour la protection contre les radiations (Éditeur) (non daté).

(8) Les interactions entre les champs d’actions ne sont pas traitées dans ce sondage qui reste encore très disciplinaire. L’orientation interdisciplinaire des domaines individuels n’est souvent ressortie que progressivement au cours de la mise en œuvre du programme.

(9) Alors que la prévention vise la lutte ciblée contre les maladies et les problèmes de santé par la diminution de la pollution et des risques sanitaires, la promotion de la santé recherche, avant tout, à renforcer les ressources et les potentiels de santé. Cela s’applique aussi bien au niveau individuel qu’au niveau social. Cf. Walter et a. (2001 : p. 23).

(10)Cf. par ex., les projets suivants de la banque de données de projets « ville sociale »: l’alimentation dans les écoles (Brême, Brême-Schwachhausen/Vahr, Schwachhausen), la restructuration de du restaurant universitaire dans le centre de formation de Mümmelmannsberg (Hambourg, Hambourg-Mitte, Mümmelmannsberg), l’alimentation de qualité (Basse-Saxe, Lüneburg, Kaltenmoor), la maison de santé Bismarck (Rhénanie du Nord-Westphalie, Gelsenkirchen, Bismarck/Schalke-Nord), « On a une dent contre la violence » - mesures sociales destinées à la prévention contre la violence dans le voisinage social „ (Bavière, Ratisbonne, Humboldtstraße) ; &laqou; l’apprentissage ne doit pas rester sur sa faim » – cantine pour enfants Bismarck (Rhénanie du Nord-Westphalie, Wuppertal, Osterbaum).

(11)Cf. par ex., les projets suivants de la banque de données de projets « ville sociale »: oasis des femmes de Lurup (Hambourg, Hambourg-Altona, Lurup), la maison de santé Bismarck (Rhénanie du Nord-Westphalie, Gelsenkirchen, Bismarck/Schalke-Nord), Gymnastique et autre pour les mères et leurs enfants (Rhénanie du Nord-Westphalie, Recklinghausen, Hochlarmark), les anges gardiens (association déclarée) – Soutien sanitaire et social pour les jeunes familles ou les familles en devenir dans le quartier (Schleswig-Holstein, Flensburg-Neustadt).

(12)Cf. par ex., les projets suivants de la banque de données de projets « ville sociale »: projet autour de la santé dans le centre interculturel de la maison Bayouma (Berlin, Berlin-Friedrichshain/Kreuzberg, Boxhagener Platz), maison de santé Bismarck (Rhénanie du Nord-Westphalie, Gelsenkirchen, Bismarck/Schalke-Nord).

(13)Cf. à ce sujet par ex., Stappert/Leßmann (2000 : p. 40 et suivantes) ainsi que le projet suivant de la banque de données de projets « ville sociale »: Pour un Heimfeld sain – Réseau pour une promotion de la santé dans le quartier (Hambourg, Hambourg-Harburg, Heimfeld-Nord).

Bibliographie

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