Le développement actuel et futur de la ville et de ses quartiers n'est pas seulement marqué par les stratégies en matière d'urbanisme, de transport, de logement et autres politiques sociales et économiques. La vitalité et l'identité des quartiers reposent essentiellement sur la diversité de leur vie culturelle (cf. Meyer 1998, p. 28). Cet aspect multiculturel de la société se retrouve largement dans de nombreux quartiers du programme « ville sociale », les habitants de ces quartiers ont des origines culturelles, sociales et religieuses différentes (1). Si la culture de quartier établit le lien entre les différentes cultures, c'est cette même diversité culturelle qui permet de développer la culture de quartier. La créativité se trouve à la limite entre restrictions et libertés, entre insuffisances et capacités, particulièrement lorsque différents acteurs se rencontrent et forment une nouvelle alliance. Les activités culturelles permettent aux habitants de découvrir voire redécouvrir la topographie culturelle des quartiers - les particularités spécifiques propres à chaque quartier sont caractérisées par leur genèse, leur population, leur architecture et leur espaces publics. La politique culturelle communale se doit avant tout d'assurer un rôle modérateur.
Quel rôle joue la culture de quartier au sein du programme « ville sociale »? Les deux enquêtes de la Difu et l'expérience du système de veille scientifique (Programmbegleitung vor Ort, PvO) sur le terrain dans les 16 sites modèles (2), permettent de répondre à ces questions. Interrogés sur les problèmes dans les régions du programme « ville sociale », près de 60 % des quartiers citent un manque d'infrastructures socio-culturelles. Pourtant 54 % des régions concernées considèrent les infrastructures socio-culturelles comme un potentiel d'évolution et l'amélioration de ces infrastructures représente un objectif pour 45 % d'entre elles. Au début de la mise en œuvre du programme, les mesures et les projets culturels jouaient un rôle secondaire. Dans 72 % des 187 régions du programme (3), la culture de quartier fait partie du programme d'action intégrée, et 24 % d'entre elles considèrent cela comme une nécessité. Au niveau de l'adoption de mesures et de projets, la culture de quartier se place en sixième position sur l'ensemble des vingt champs d'action cités.
Les expériences faites dans de nombreux sites modèles montrent que différents objectifs sont visés sur le plan culturel dans le cadre du programme d'action intégrée. Ainsi l'objectif principal pour le site modèle de Berlin - Kottbusser Tor est une intégration sociale et ethnique ainsi qu'une plus grande égalité des conditions de vie ; l'objectif « secondaire » étant d'établir une culture de quartier correspondant mieux aux besoins des habitants. Il s'agit essentiellement « d'inciter les habitants à organiser des manifestations culturelles, maintenir les manifestations existantes, créer des activités adaptées aux différents groupes d'habitants (par exemple: les personnes âgées, les jeunes étrangers et les jeunes allemands), dynamiser l'interaction des citoyens dans le quartier ». La culture de quartier est aussi considérée, dans les quartiers Est de Leipzig comme un champ d'action essentiel; c'est d'ailleurs à ce titre que des mesures visant à favoriser la participation à la vie culturelle sont prises. À Flensbourg-Neustadt, les questions relatives à l'école et au travail de la culture sont, par exemple, regroupées dans un même champ d'action; à Gelsenkirchen-Bismarck/Schalke-Nord et Hanovre-Vahrenheide l'accent est mis sur « les infrastructures sociales et culturelles ». À Hambourg-Lurup, l'objectif global est « l'amélioration des infrastructures sociales, culturelles, éducatives et de loisirs. »
Les projets culturels dans les quartiers englobent différentes fonctions et significations comme le développement de potentiels créatifs, le développement et le renforcement de l'identité étroitement lié à l'amélioration de l'image de marque, ainsi que la participation et l'assimilation associées à une meilleure communication Bien que la culture ne se laisse pas instrumentaliser pour compenser des déficits sociaux, elle est pourtant confrontée aux problèmes sociaux dans les quartiers du programme « ville sociale » (cf. Meyer 1998, p. 16). C'est ici qu'on accorde une grande importance au rôle de la culture et plus particulièrement à sa fonction informelle d'éducation.
Certains groupes sociaux habituellement difficiles à atteindre, se laissent associer à des projets culturels et artistiques. En effet, pour planifier ou mettre en œuvre ce genre de projet, il ne faut pas spécialement maîtriser la langue ou avoir des capacités intellectuelles particulières, mais plutôt être prêt à innover et à faire preuve d'imagination et de créativité. Il est important de ne pas seulement avoir une approche cognitive ou argumentative mais d'agir en fonction d'un projet. C'est sur le terrain que la motivation fonctionne le mieux, là où on s'adresse directement à chaque groupe social et où l'on prend en considération leur vie quotidienne. Des activités communes telles que l'organisation d'une fête de quartier, de représentations théâtrales, de manifestations musicales, l'aménagement bénévole d'aires de jeux ou de cours d'école encouragent la participation, renforcent la confiance en soi et augmentent le sentiment d'appartenance au quartier.
![]() Le bateau « Kathy ». Droit d'auteur : projet de quartier Kattenturmer-Brême |
Les fonctions productives de la culture de quartier dans les régions du programme « ville sociale » sont primordiales. Une fonction est appelée productive-réceptive lorsqu'elle ouvre, par exemple par le biais d'actions culturelles, de nouvelles perspectives sur le quartier ou en change la perception. Avec pour devise « Faites quelque chose de positif et parlez-en », les diverses activités culturelles sur le terrain se font connaître du public, par exemple, par l'intermédiaire de journaux de quartier, de brochures, de calendriers, d'ouvrages photographiques, d'expositions, de lectures, de soirées narratives. L'amélioration de l'image de marque qui en résulte, constituant l'élément principal d'un travail coordonné de relations publiques, va, en règle générale, bien au-delà des limites du quartier et renvoie une image positive de ce dernier à l'opinion publique. |
Le ralentissement de la construction et la démolition, particulièrement dans les régions du programme situées dans les nouveaux Länder, offrent aussi des possibilités de transformation et de réaménagement. C'est ainsi que, par exemple, dans le site modèle Cottbus Sachsendorf-Madlow, une ancienne garderie a été transformée en centre de quartier socio-culturel et que les anciens abattoirs situés à dabs les quartiers Nord de Kassel sont devenus un centre culturel. En outre, des appartements et des locaux commerciaux vides, mis à disposition gratuitement ou moyennant une faible participation financière, offrent également diverses possibilités d'utilisation pour les initiatives, les associations et les artistes du quartier. Grâce à ce genre d'intégration locale directe, accompagnée d'offres avantageuses, les habitants peuvent devenir actifs dans leur quartier.
Dans les quartiers avec un besoin particulier de développement, la fluctuation de la population est souvent très élevée (4) si bien que la vie et l'identité de quartier s'y développent peu. En même temps, les habitants de ces quartiers, en raison de conditions de vie difficiles, manquent souvent de confiance en eux sur le plan personnel, familial ou professionnel. Grâce aux projets réalisés par le travail culturel de quartier, de nouvelles formes d'assimilations et d'expressions sont développées pour encourager des processus de découverte de soi et de renforcement de la confiance en soi.
À Stendal, dans l'un des grands ensembles de logements collectifs de l'ex-RDA, un centre culturel et artistique, sous le nom de « Kunstplatte » (« plaque artistique »), a été installé dans un local commercial de 400m² (mis gratuitement à disposition par la société de construction de logements de Stendal). De nombreux participants au projet, particulièrement l'association « Kunstplatte » à l'origine du projet, transmettent dés lors l'art et la culture comme un élément d'organisation de la vie. Le grand choix de cours proposé (entre autres théâtre, comédie musicale, vidéo, photographie, cuisine, danse, mode, design), les nombreuses rencontres organisées et les présentations des résultats ont incité l'organisation créative de loisirs, et favorisent la transmission de connaissances ayant rapport à la vie quotidienne. « L'ouverture et l'intégration dans la ville sont encouragées par un échange entre les initiatives prises par le quartier, la ville et le district. Elles contribuent également à donner une meilleure image des cités de logements collectifs (5). »
En outre, la formation et le renforcement de l'identité s'effectuent par des « suivis dans le quartier » : l'histoire ou les histoires du quartier et des lieux sont étudiées et présentées. Les anciens du quartier partent en « voyage-découverte » et les nouveaux arrivants, ont, eux aussi, la possibilité de découvrir le quartier. Des documents photos, des expositions, des publications, des rencontres thématiques mais aussi des interviews avec des habitants du quartier sont la base de ce genre d'initiatives qui permettent « l'actualisation du quartier ». Ainsi des visites guidées de quartiers et des promenades sont organisées régulièrement dans les sites modèles de Brême-Gröpelingen, Leipzig-Est et Cottbus - Sachsendorf-Madlow.
Les citoyens intéressés par l'histoire de leur quartier se retrouvent dans les « ateliers histoire » organisés dans de nombreux endroits. Les habitants du quartier découvrent ainsi la dimension historique de la vie quotidienne d'autrefois et ils peuvent faire la comparaison avec la vie quotidienne d'aujourd'hui. À cette occasion, l'accent et mis sur différents éléments comme le montre, par exemple, la présentation sur Internet de « l'atelier histoire » de la région du programme Cologne-Kalk: » Notre objectif est de montrer les aspects sociaux, économiques et culturels de la banlieue ouvrière de Kalk. Ceux d'hier et d'aujourd'hui. L'homme est l'élément central de notre travail. Comment les ouvriers ont-ils vécu et habité ici, et comment ont-ils contribué à faire de Kalk le site industriel florissant qu'il a été? Comment était la vie culturelle dans notre banlieue? Quels sont les développements prévisibles pour l'avenir et que signifient-ils pour la population de Kalk? (www.gw-kalk.de, actualisé le 10 septembre 2002).
Les régions du programme « ville sociale » sont caractérisées par une image plutôt négative. Il y a souvent un grand fossé entre le point de vue extérieur et intérieur. L'image négative est souvent accentuée par les médias, parfois même jusqu'à une véritable stigmatisation. La population a un regard beaucoup plus nuancé; souvent ce ne sont que des domaines précis qui sont critiqués ou alors des reproches sont formulés quant à certains manques dans des champs d'actions particuliers. Des projets traitant de la population urbaine et/ou des « actions dérangeantes » (pierre d'achoppement) ou inhabituelles qui attirent l'attention et donnent à réfléchir, peuvent permettre d'améliorer l'image de marque du quartier aux yeux non seulement des habitants de ce dernier mais aussi de l'ensemble de la ville.
Dans le site modèle de Ludwigshafen-Westend, de nombreux projets partiels sont réalisés sur plusieurs années dans le cadre du projet « chemin artistique à travers Westend ». Sur la scène ouverte à de jeunes talents, des enfants et adolescents ont présenté leurs talents dans les domaines de la danse, de la musique, de l'acrobatie, du rap, du smurf, de la pantomime, du théâtre et du jonglage. Dans un « projet-drapeau », des enfants et artistes ont créé trois drapeaux avec le mât approprié, ce dernier a été érigé à une place symbolique (l'office d'orientation en matière d'éducation) de la région en question. Par ailleurs, les rues et les places sont réaménagées, des actions de peintures de rue, des expositions photos, des actions graffitis et autres mesures sont aussi prévues. Le journal de quartier « Chez nous à Westend » fait un compte-rendu détaillé des projets (cf. à ce sujet l'article intitulé « Ein "wanderfreudiges" buntes Haus » dans ce numéro).
![]() Chantier d'art « des mots du vent » (Neuruppin). Droit d'auteur : Rupprecht Matthies |
Un exemple de stratégie allant au-delà de la région concernée est le théâtre Consol dans le quartier de Gelsenkirchen-Bismark, créé en 1999 par l'association déclarée « Forum », sur l'emplacement des anciens abattoirs Consolidation, avec les fonds d'aide au développement urbain (Salon International du Bâtiment). À côté de la grande halle réservée au théâtre et aux concerts, des espaces pour les répétitions, les cours, un atelier, des bureaux et des dépôts, tout comme un restaurant avec une petite scène sont mis à disposition.
Dans le projet « Quartier Rap Kotti », il s'agit d'améliorer à grande échelle, l'image du quartier grâce à une manifestation organisée conjointement par le management de quartier et les jeunes, sur la place Wassertor à Berlin - Kreuzberg. C'est là qu'en 1999 se sont rencontrés environ 20 groupes de Rap de la scène Hip-hop venus de toute l'Allemagne, qui ont participé au concours des meilleurs textes. Un jury composé de représentants de la scène musicale Hip-hop et du quartier a élu quatre gagnants. Les prix ont été attribués par des entreprises de construction de logements ou des associations de propriétaires, et un sponsor a assuré la promotion de l'évènement à l'échelle nationale. Des associations, des habitants et des entreprises ont participé à cet événement, mais se sont essentiellement des jeunes qui se sont chargés des différentes tâches et responsabilités.
De même, dans de nombreuses écoles des régions du programme « ville sociale », des projets culturels qui ont eu un effet positif sur la situation scolaire et l'image du quartier ont été mis en place. Par exemple, dans l'école Astrid Lindgren de Neu Zippendorf à Schwerin, des élèves ont créé et présenté la comédie musicale « Naomi » qui a pour sujet la xénophobie et les problèmes sociaux de cette région. La comédie musicale a été montée dans d'autres écoles de Schwerin et une tournée est prévue dans d'autres villes du Mecklenbourg et de la Poméranie occidentale.
Dans site modèle de Brême-Gröpelingen, une association culturelle s'associe depuis des années au travail de développement du quartier. L'association pense que la culture devrait promouvoir une participation démocratique et une invitation au dialogue de la population, qui neutralise la résignation et l'indifférence dans le quartier grâce à un modèle de participation créative. Selon l'association, « la culture sur le terrain » établit concrètement la liaison entre la structure municipale architecturale et spatiale et la vie culturelle et sociale du quartier. « L'art et la culture ne sont pas la cerise sur le gâteau du quotidien de la municipalité que seul un petit nombre de personnes peut apprécier. L'art et la culture sont les moteurs de l'opinion public, le ferment de l'urbanisme, parce qu'ils sont en mesure d'aller au-delà des frontières sociales, ethniques et religieuses et parce qu'ils sont en mesure de forger une identité, de renforcer les compétences sociales et même de transmettre des impulsions économiques. » (Culture sur le terrain, association déclarée 2001, p. 10).
La culture de quartier peut être considérée comme un processus dynamique et productif dans lequel on essaie d'intégrer tous les milieux sociaux afin qu'ils participent aux discussions d'ordre public. Cependant ce ne sont pas les productions culturelles et artistiques primaires qui définissent l'objectif, mais le processus d'action; les formes de communication, telles que la danse, la musique, le sport ou les jeux, qui vont au-delà de la compréhension par le langage, ont ainsi une grande importance.
La culture de quartier se construit à partir des expériences et du quotidien des habitants du quartier. Dans l'organisation et la mise en œuvre de manifestations, il est important de clarifier les intérêts et les capacités des participants et de les prendre en compte dans la répartition des tâches. Les professionnels et les spécialistes ne doivent pas être les seuls à prendre l'initiative de projets, les habitants doivent également développer leurs propres idées. Une participation auto-décidée à des manifestations, à des projets et à des mesures n'est pas seulement un élément encourageant pour l'identité, mais elle peut également permettre de construire des réseaux indépendants.
Dans certaines villes où l'on trouve des universités et des instituts supérieurs de technologie (IUT) avec une unité de formation et de recherche « art et culture », il existe quelques exemples de coopération avec des acteurs dans les régions du programme « ville sociale » pour préparer et/ou réaliser des projets. On peut citer, par exemple, l'IUT de Lüneburg, UFR sciences de l'éducation, (avec entre autres l'UFR partiel « esthétique et communication visuelle ») qui développe et réalise ses projets avec les habitants de Lüneburg-Kaltenmoor.
Les associations sont aussi des bases importantes pour la communication et les actions communes dans les quartiers. Grâce à leurs expériences organisationnelles et professionnelles et à leur structure communicative, elles offrent de bonnes conditions pour créer de nouvelles actions communes (par exemple dans des groupes de théâtre amateur, de musique, de danse, de littérature et de peinture). C'est ainsi que dans la zone Schillerpromenade dans le quartier de Berlin - Neukölln, on a réussi à faire participer des artistes et auteurs du quartier à des discussions, des expositions, des concerts et des lectures organisés dans des locaux d'associations locales et/ou appartenant à l'église, dans des appartements privés ou en plein air, et mis gratuitement à disposition. Le « jeudi Schiller », qui se tient une fois par mois, permet aux artistes de se faire connaître; et pour la population, cette activité très variée propose de nouvelles idées culturelles et offre la possibilité d'aborder différents cercles culturels.
Pour faire participer le plus possible de groupes sociaux à l'offre culturelle, il faut que celle-ci soit localisée au centre du quartier (6). Ceci est valable, par exemple, pour les centres socio-culturels dans les quartiers. On a nommé dans ce cas présent, le centre culturel Schlachthof, situé dans les quartiers Nord de Kassel, comme représentant : avec son offre culturelle, il s'adresse plus particulièrement aux habitants immigrés. Il gère un centre pour jeunes, un café et propose des concerts et des spectacles de cabaret. « La fête du printemps internationale », dont il est à l'origine, va au-delà des limites du quartier. En même temps, le centre culturel est intégré au projet « table ronde -Nordstadt » (comité décisif pour la réalisation du programme « ville sociale ») qui assure la participation au développement de l'ensemble du quartier. Un autre exemple : le projet-clé « Kulturhof Lübbenau » (ancien bâtiment des chemins de fer) dans la région Lübbenau-Neustadt du programme « ville sociale » qui est soutenu par « Kulturhof, association déclarée » membre du groupe de travail fédéral chargé de la culture sociale dans le Brandenbourg. Cette association couvre également un large éventail d'offres culturelles et sociales. On trouve entre autres:
Comme le travail socio-culturel est soutenu, en majeure partie, par l'engagement bénévole, il encourage et rend possible différentes formes de participation et il contribue à l'implication des habitants.
Dans de nombreuses régions, les projets culturels et artistiques réalisés avec des enfants et les adolescents sont des axes prioritaires du travail socio-culturel. Le travail culturel pour la jeunesse - interactif sur le plan social et dans ses méthodes - prend au sérieux le monde des enfants et des adolescents, renforcent la conscience qu'ils ont d'eux et de leur propre valeur, permet la participation et l'intégration et contribue à donner un sens à la vie et à s'assumer. En outre, les activités publiques de bricolage, de peinture, de musique ou de jeux, destinées aux enfants touchent un large public. Les parents sont souvent sensibilisés par ce type d'action.
Depuis l'automne 1999, le projet « mus.e- projet scolaire multiculturel et social pour l'Europe « a lieu dans les régions de la Rhénanie du Nord-Westphalie du programme « ville sociale » et est financé à 50 % par les fonds publics et à 50 % par la fondation allemande Yehudi Menuhin. Le projet« mus-e » est:
L'art et la créativité permettent aux enfants de renforcer leur personnalité, leur confiance en eux et leur rôle dans la société, et d'encourager l'équilibre et la tolérance; Monsieur Yehudi Menuhin, parrain du projet, dit à ce sujet: « Les enfants doivent d'abord apprendre à chanter et à danser. Les mathématiques et les langues suivront plus tard ».
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Dans le projet pilote « Retournez s'il vous plaît! Actions artistiques au dos de la ville », lancé au cours du deuxième trimestre 2002, sur l'initiative de l'association déclarée des écoles d'art pour enfants et des institutions pédagogiques et culturelles (bjke), des jeunes sont intégrés au développement du quartier dans le cadre de la plate-forme du programme « développement et chance pour les jeunes gens dans les zones sensibles ». Dans ce contexte, huit écoles d'art pour jeunes proposent des projets culturels et pédagogiques itinérants pour les enfants et les jeunes dans « les quartiers avec un besoin particulier de développement »: « en collaboration avec des artistes, des pédagogues chargés de la culture et du social, les jeunes habitants réalisent, entre juin et septembre 2002, une proposition d'aménagement de leur lieu d'habitation et de vie. L'objectif du projet pilote lancé en 2002 est de stimuler la force des jeunes issus d'univers sociaux difficiles en les faisant participer à des projets artistiques et de présenter la pédagogie culturelle comme un élément du renouvellement de la ville. » (Ministère fédéral pour la famille, les personnes âgées, les femmes et la jeunesse et les écoles d'art pour enfants et institutions pédagogiques et culturelles -association déclarée- 2002). |
![]() Projet artistique mosaïque de Marxloh. Droit d'auteur: société pour le développement, Duisburg. |
Même si, dans les débuts de l'application du programme, et comparativement aux intérêts urbanistiques, sociaux et économiques, peu d'importance a été accordée au champ d'action « culture de quartier », ce dernier a entre-temps joué un rôle important pour la vie commune et la communication dans les quartiers défavorisés. La nouvelle diversité d'activités et d'actions culturelles vit de l'engagement des citoyens, permet une participation et une implication, contribue à l'amélioration de l'image du quartier et aussi à ses perspectives de développement.
Ulrike Meyer et
Ulla Schuleri-Hartje,
Difu
(1) À Hanovre-Vahrenheide, par exemple, vivent des personnes provenant de 58 nations différentes (cf. le rapport final du système de veille scientifique sur place, Hanovre-Vahrenheide, Hanovre 2002, p. 30). ![]()
(2) Les déclarations dans ce rapport au sujet des projets dans les régions du programme « ville sociale » se basent sur 16 rapports finaux du système de veille scientifique sur place. À l'exception de celui de Gelsenkirchen-Bismarck/Schalke-Nord, les autres rapports n'étaient pas encore publiés au moment où ce numéro d'information a été imprimé. ![]()
(3) Dans 187 des 222 régions du programme, un programme d'action intégrée est disponible ou en préparation, comme l'a révélé le deuxième sondage de l'institut allemand d'Urbanisme réalisé en 2002. ![]()
(4) En 1997, un tiers de la population vivait depuis moins de trois ans dans le centre ville de Neunkirchen. Dans la basse-ville, cela concernait même plus de 50 % des habitants; (cf. à ce sujet Jacob entre autres (2002), p. 10.) ![]()
(5) Documentation du concours Prix « ville sociale » 2000, p. 14. ![]()
(6) Le terme « culture sociale » décrit un travail culturel diversifié avec une large palette de manifestations, de formes de travail, de thèmes et de contenus. La culture sociale peut se retrouver dans des centres culturels sociaux, dans de larges domaines de l'éducation culturelle, que se soit celles des enfants ou des jeunes, de la culture pédagogique, des écoles d'art ou encore des écoles d'esthétique. La culture sociale et ses institutions, bien plus que d'autres domaines culturels, doivent s'ouvrir à de nouveaux thèmes, problèmes et rôles sociaux et se pencher sur ces questions. Le large éventail d'activités culturelles axées sur les groupes cibles et l'implication active des participants, peut avoir un effet intégratif et préventif. ![]()
Ministère fédéral pour la famille, les personnes âgées, les femmes et la jeunesse et les écoles d'art pour enfants et institutions pédagogiques et culturelles association déclarée (Éditeur) (2002), Bulletin d'information "Bitte wenden! Kunstaktionen auf der Rückseite der Stadt. Kulturpädagogische Projekte mit Kindern und Jugendlichen in Stadtteilen mit besonderem Entwicklungsbedarf".
Dokumentation des Wettbewerbs Preis Soziale Stadt 2000. Preisträger, Anerkennungen, Projekte der engeren Wahl, Teilnehmer, Berlin 2001.
Jacob, Andreas, Sabine Herz, Sonja Mazak und Martina Pauly, Endbericht der Programmbegleitung vor Ort im Modellgebiet "Innenstadt Neunkirchen", Kaiserslautern 2002.
Kultur Vor Ort e.V. (Éditeur) (2001), Kultur Vor Ort, Dokumentation 1998-2001, Brême.
Meyer, Bernd, Kultur in der Stadt - Empfehlungen, Hinweise und Arbeitshilfen des Deutschen Städtetages 1987-1998 Stuttgart (Neue Schriften des Deutschen Städtetages, Vol. 75).
Ministère du travail, des affaires sociales et du développement de la culture et du sport du land Rhénanie du Nord-Westphalie (Éditeur) (2000), mus-e. MULTIKULTURELLES SOZIALES SCHULPROJEKT FÜR EUROPA, Vol 1 (2000), p. 4.
Ministère pour le développement, l'habitat et le transport du Land Brandenbourg (Éditeur) (2001), Soziokulturelle Einrichtungen in Stadtteilen mit besonderem Entwicklungsbedarf, Potsdam
Quelle: Soziale Stadt - info 10, Institut Allemand d'Urbanisme (Difu), décembre 2002, p. 2-7