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soziale stadt - bundestransferstelle

Bund-Länder-Programm "Stadtteile mit
besonderem Entwicklungsbedarf - Soziale Stadt"

L’économie locale, au centre de la stratégie « Ville sociale »


La mise en œuvre du programme « Ville sociale - quartiers avec un besoin particulier de développement » (en bref : programme « Ville sociale ») a montré à quel point l’absence de travail et d’emploi et les insuffi-sances en matière de formation et de qualification font partie des problèmes majeurs des quartiers défavori-sés.
Une enquête menée dans les quartiers d’intervention du programme « Ville sociale » a mis en évidence l’importance des différentes mesures visant à améliorer la situation locale de l’emploi, la formation profes-sionnelle et la formation permanente, le maintien et la création d’entreprises, ainsi que des mesures favori-sant l’embauche sous forme de CDD, emplois intérimaires, à temps partiel, etc. et les dispositifs orientés vers les services dans l’économie sociale/troisième secteur (organisations à but non lucratif telles que les associations, coopératives, fondations, etc.). Pour cette raison, la moitié des conférences thématiques orga-nisées dans les sites modèles du programme « Ville sociale » ont été consacrées à la stratégie d’« économie locale », notamment à Flensburg-Neustadt (cf. Info n° 4), à Hambourg-Altona/Lurup et à Kassel-Nordstadt (compte rendu dans ce numéro).

La stratégie d’« économie locale » vise aussi bien le travail et l’emploi que les politiques structurelles et sociales. Elle fait le lien entre différents champs d’action, tels l’aide à l’économie locale, les mesures en faveur de l’emploi, de la formation et de la qualification et les initiatives d’économie sociale (dans le sens de l’intérêt général et de l’intégration sociale) à l’intérieur d’un périmètre social déterminé. Cette stratégie vient compléter les aides « classiques » à l’emploi et au développement économique, dont les mesures structurelles n’agissent que d’une manière indirecte, à travers le site d’implantation des entreprises. En te-nant compte à la fois des potentialités et des besoins des habitants et des entreprises présentes, la stratégie d’« économie locale » doit soutenir le développement économique à l’aide d’outils appropriés à un terri-toire de taille réduite.

Les résultats d’une enquête sur la vie économique d’un tel secteur à Hambourg (Läpple/Deecke/Krüger 1994) ont confirmé le bien fondé de cette approche ciblée. Le milieu local, c’est-à-dire l’arrière plan histo-rique et culturel d’un quartier et les effets de synergie entre les entreprises qui y sont implantées, jouent un rôle essentiel dans le développement économique de celui-ci. D’autre part, cette enquête a montré que le nombre des emplois est en augmentation dans les entreprises orientées vers le marché local.

Le programme « Ville sociale » n’est pas le seul à s’engager pour une « économie locale ». Le Ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (Bundesministerium für Bildung und Forschung) le fait à sa ma-nière, par exemple grâce au programme « Région apprenante » (« Lernende Region »). La Commission européenne favorise également l’emploi local, notamment par le biais des « Pactes territoriaux pour l’emploi » et une série de projets pilotes urbains visant le troisième secteur (économie sociale). Dans les zones urbaines concernées par le programme « Ville sociale », il est possible de mettre en commun ces dif-férentes initiatives, afin d’en augmenter l’impact.

Conditions nécessaires pour une stratégie « d’économie locale » efficace.

Le programme « Ville sociale » est basé sur le développement et la mise en œuvre de projets intégrés. La stratégie d’« économie locale » y tient une place essentielle. La mise en œuvre d’un projet de développe-ment intégré pour un quartier, doit reposer sur une décision des autorités municipales, qui par ailleurs, doi-vent en garantir la continuité.

En plus de cette caution politique, un certain nombre d’autres conditions doivent être remplies ou le cas échéant créées, pour qu’un projet d’« économie locale » puisse être efficace:

  • Les projets doivent être en adéquation avec les objectifs fixés à l’échelon local et régional. Les potentialités en matière d’emploi ou de création de valeur ajoutée et les circuits économi-ques ne s’arrêtant pas à la limite d’un quartier.
  • Pour permettre un développement économique local durable, un quartier doit réunir un certain nombre de conditions économiques favorables.
  • Il est indispensable que le management de quartier soit impliqué dans le développement et la mise en œuvre du projet d’« économie locale », afin de permettre une approche d’ensemble concertée, en relation avec les décideurs, les organismes de coordination et de communication en tout genre, ainsi qu’avec tous les acteurs importants de la vie locale.
  • Une connaissance approfondie sur la situation des entreprises implantées dans le secteur doit servir de base au processus de développement intégré. Tout au long du projet, ces informa-tions doivent être collectées, complétées, exploitées et mises à la disposition de tous les inté-ressés au niveau du quartier et de la ville. C’est la seule façon permettant une information complète sur les données, les énoncés et les avis émis.

La stratégie d’« économie locale » s’articule autour de trois axes principaux : « Développement de l’économie locale et aide à la création d’entreprises » (aide destinée aux chômeurs désirant se mettre à leur compte), « Emploi et qualification » et « Économie sociale » (1):

. Ces trois points sont expliqués ci-dessous.

Champ d’action « Développement de l’économie locale et aide à la création d’entreprises »

Le soutien apporté aux entreprises locales existantes et l’aide accordée à la création d’entreprises, stabili-sent ou augmentent le nombre d’emplois disponibles dans les quartiers, tout en facilitant l’approvisionnement en biens et en services et en maintenant ou en créant un tissu d’entreprises concurren-tielles. Un emploi et une source d’approvisionnement proches du domicile s’avèrent particulièrement béné-fiques pour les personnes à mobilité réduite ou/et exerçant un travail demandant peu de qualification.

Plus que jamais, il s’agit de répondre aux besoins des différentes entreprises et des créateurs d’entreprise par des services de conseil individualisé, apporté sur le terrain. Les différents dispositifs doivent être déve-loppés selon les besoins des entreprises et leur mise en œuvre doit bénéficier d’un accompagnement profes-sionnel. Il peut s’agir de séminaires axés sur l’entreprise, de la mise à disposition d’informations sur les dispositifs d’aide aux entreprises et sur la politique de l’emploi ou d’un simple conseil concernant une de-mande d’aide financière. Pour les créateurs d’entreprise, un accompagnement personnalisé doit toujours se poursuivre, au-delà de la création de l’entreprise à proprement parler, par une information sur les formules d’aide, un travail de motivation individualisé ou une proposition de formation complémentaire.

La mise en place de structures représentant les groupes d’intérêts et les réseaux d’entreprises au niveau du quartier, facilite l’échange des expériences et l’utilisation commune des ressources. Particulièrement dans les grandes cités, les sociétés de gestion de logements jouent un rôle essentiel dans le développement social et économique du quartier - en employant des travailleurs sociaux, des équipes d’ouvriers et d’autres em-ployés issus du quartier, en mettant en place ou en soutenant des activités de voisinage, en favorisant la cogestion et la prise de responsabilité par les habitants (environnement résidentiel, gardiennage), en finan-çant des projets culturels, etc.

À Hambourg, dans les quartiers St. Pauli et Ottensen, le travail d’une structure locale de conseil en déve-loppement pour PME avec moins de 50 salariés, mise en place en 1998, a aidé une grande partie des entre-prises locales dans leur développement, favorisant celui-ci par la constitution de réseaux interactifs. L’association « Beschäftigung und Bildung e.V. » (emploi et formation), responsable de cette initiative, a installé des antennes de quartier chargées du développement économique en contact permanent avec les entreprises, assurant ainsi une présence et une disponibilité sur le terrain. En dehors du conseil apporté au sein même des entreprises et de la mise en route des réseaux d’entreprises, ces antennes de quartier organi-sent des séminaires axés sur les besoins des entreprises locales. Elles les secondent dans la recherche d’aides financières ou dans la prise de contact avec les administrations et les banques. Ce projet a été rendu possible, grâce à un financement conjoint de l’Union européenne (programmes ADAPT, puis EQUAL), du Fond social européen et des différentes administrations de la ville de Hambourg responsables de l’économie, du développement urbain, du travail, de la santé et des affaires sociales.

Champ d’action « Emploi et qualification »

Les formules d’aide à l’emploi et à la formation sont destinées à accroître les chances des habitants des quartiers avec un besoin particulier de développement sur le marché du travail. Par exemple, par une for-mation qualifiante, par un travail à titre temporaire ou par l’établissement d’un contact ciblé, pouvant abou-tir sur un emploi. Ces mesures concourent par ailleurs à la stabilisation de la situation économique locale. Les habitants d’un quartier qui participent à un projet d’intégration et de retour à l’emploi, voient leurs re-venus et par là-même leur pouvoir d’achat augmenter, ce qui relance la demande au niveau local. Les initia-tives pour l’emploi et les formations qualifiantes peuvent tout aussi bien venir des entreprises elles-mêmes que de l’extérieur, ou encore être le fruit d’une coopération entre le secteur public et les entreprises. En tout cas, elles doivent être adaptées et aux personnes et aux besoins des entreprises. Tandis que les programmes qui concernent davantage les particuliers, s’occupent prioritairement des compétences et des potentialités des participants ; les programmes destinés aux entreprises répondent avant tout aux besoins de ces derniè-res. Les personnes à la recherche d’un emploi doivent recevoir une qualification appropriée. L’expérience acquise par les organismes locaux de formation démontre l’importance d’une parfaite adéquation entre les diverses mesures. Celle-ci conditionne une aide à l’embauche réussie, dont employés et employeurs peu-vent tirer bénéfice. Par exemple, c’est ainsi qu’une secrétaire avec un contrat de travail à durée indétermi-née, peut participer à un stage en informatique, tandis qu’une personne au chômage, préparée préalable-ment à cette tâche la remplace, son salaire étant pris en charge (projet de « rotation de jobs » à Hambourg). Ce recoupement entre initiatives s’avère d’autant plus nécessaire que les petites entreprises dans les quar-tiers défavorisés n’ont pas l’habitude de passer par les petites annonces pour recruter leur personnel, mais ont plutôt recours au bouche à oreille. Des programmes de formation, au cours desquels les postulants ont la possibilité de découvrir par eux-mêmes leurs compétences professionnelles et sociales et de faire des incursions dans de petites entreprises (séjours tests dont le coût salarial est pris en charge par les services de l’administration du travail et des affaires sociales) se sont révélés particulièrement profitables.
Certaines populations, les familles mono-parentales, les immigrés, avec un problème de langue et de quali-fication professionnelle, les chômeurs de longue durée et les jeunes sans formation, doivent surmonter une série d’obstacles supplémentaires. Des outils adaptés doivent être mis à leur disposition : orientation et pré-paration à un retour au travail, création ou extension de l’apprentissage et de la formation, soit en entre-prise, soit par l’intermédiaire d’un organisme public et cours de langue pour les immigrés. L’institution d’une année volontaire, dite « d’apprentissage social » (freiwilliges Soziale Trainingsjahr ou FSTJ), consti-tue par exemple un atout certain pour aider les jeunes à s’orienter et à se préparer à la vie professionnelle. Pour l’essentiel, ce projet combine le stage en entreprise avec une offre intéressante de formations quali-fiantes. Ce dispositif a été mis au point par le Ministère fédéral pour la famille, les personnes âgées, les femmes et la jeunesse dans le cadre du programme « Développement et chances pour les jeunes des quar-tiers sensibles ». Complétant le programme « Ville sociale », développé conjointement par les Länder et l’État fédéral, il préconise un soutien sur mesure pour les jeunes en difficulté, au moment de leur passage de l’école à la vie active.

Il convient de souligner l’importance de la relation entre les mesures locales d’aide à l’emploi et à la quali-fication professionnelle et la mise en œuvre des projets d’action intégrée de développement des quartiers. La coordination entre la politique de l’emploi et les différents domaines d’intervention sociale, entraîne une nette amélioration de la situation dans le quartier. En outre, le fait que les participants aux différents projets soient amenés à travailler pour leur quartier, favorise une plus grande identification avec le travail et avec le cadre de vie. Singulièrement l’investissement immobilier urbain, permet de faire le lien entre formules d’aide à l’emploi, formations qualifiantes et activités de terrain : remise en état de surfaces antérieurement bâties ou aménagées, création d’espaces verts et réaménagement d’espaces publics ou privés, installation d’aires de jeux, aménagement de terrains vagues, construction de pistes cyclables, entre autres. D’autres projets de quartier se prêtent également à un couplage avec les formules d’aide à l’emploi et à la qualifica-tion, comme par exemple les activités pour les enfants et les jeunes, le domaine sportif ou culturel.

Généralement les agences pour l’emploi ne tiennent pas compte du lieu de résidence, quand elles proposent un travail. Afin de pouvoir faire bénéficier prioritairement les chômeurs issus d’un quartier défavorisé à un projet de quartier, il faudrait disposer de données plus différenciées sur les personnes à la recherche d’un emploi. Ceci est théoriquement possible, mais en pratique assez fastidieux à réaliser.

Pour plus d’efficacité dans l’utilisation des moyens financiers et une meilleure prise en compte des besoins réels des personnes concernées, il s’est avéré utile de réunir les administrations en charge de l’emploi et de l’aide sociale, notamment par la mise en place de services d’accueil et de conseil communs. Ces organis-mes procèdent de plus en plus à un couplage financier, lorsque les demandeurs bénéficient des deux presta-tions. Entre autres, cela permet de profiter d’un dispositif mis en place par l’agence pour l’emploi, tout en continuant à bénéficier de l’aide sociale. En outre, les projets relevant des deux administrations peuvent bénéficier de subventions supplémentaires (Freie Förderung, art. 10 SGB III).

En raison de la réglementation concernant les dispositifs d’aide à l’emploi pris en charge par les adminis-trations de l’emploi et des affaires sociales, les mesures en question doivent être limitées dans le temps et répondre le plus souvent à un critère de complémentarité. Ces restrictions rendent difficiles les projets sur le moyen terme. Pour cette raison et plus que par le passé, il semble nécessaire de s’orienter vers la création d’entreprises spécialisées, gérées par les initiatives d’aide à l’emploi. Elles pourraient agir de façon plus autonome et tenir davantage compte du marché. Certaines subventions, disponibles dans le cadre d’un pro-gramme complexe de renouvellement urbain sur le moyen ou le long terme, pourraient éventuellement ser-vir de base financière à de tels projets.

A Trèves, 70 emplois ont pu être créés, dans le cadre d’un projet de réhabilitation urbaine intégrée, conforme à la stratégie d’« économie locale » poursuivie par la « Genossenschaft am Beutelweg in Trier-Nord ». Environ 3 600 personnes habitent ce quartier en mutation, construit au 19ème siècle, abritant d’anciennes casernes prussiennes appartenant au Reich dans les années 40, puis à l’État fédéral. Le proces-sus de réhabilitation a commencé par la création d’une maison de quartier par les habitants eux-mêmes en 1983. Toujours à l’initiative des habitants, le syndicat « Am Beutelweg e.G. » a été fondé en 1991. Sous forme d’une société coopérative et en versant une quote-part de 100 DM, les résidants ont pu accéder à la propriété collective de leurs logements. Le projet de réhabilitation intégrée repose sur trois éléments inter-dépendants : la modernisation de l’habitat, l’emploi et l’effort personnel (en tant que partie du modèle de financement). Depuis, le syndicat a créé deux entreprises annexes, sous la forme de S.A.R.L, chargées de la gestion, de l’entretien, de la rénovation et autres services (Haus-Verwaltungs- und Sanierungs GmbH -HVS- et Wohnungswirtschaftliche Service Gesellschaft GmbH). Ces deux entreprises ont pour objectif le reclassement de chômeurs de longue durée et la formation qualifiante.



Ce projet de réhabilitation a pu être réalisé dans le cadre du programme consacré à l’habitat social du Mi-nistère des Finances du Land de Rhénanie-Palatinat ; la participation des résidants étant d’environ 20%. Depuis 2000, le quartier bénéficie du programme « Ville sociale ». Afin de soutenir la stratégie d‘« économie locale », un système de management de quartier est actuellement mis en place. En s’appuyant sur les projets existants, il s’agit de développer la qualification professionnelle et l’emploi local et de mettre en place des structures pouvant fonctionner à terme de manière autonome. Au-delà de la réhabilitation de l’habitat et de l’environnement résidentiel, le développement de quartier a pour objectif la création et l’agrandissement des terrains de jeux, l’installation d’un centre multimédia « Lem » (qualification profes-sionnelle et enseignement permanent) et un renforcement du travail mené en direction des enfants et des adolescents.

Champ d’action « Économie sociale »

Le but de l’économie sociale ou du troisième secteur est de développer de nouvelles formes d’entreprises à caractère social, particulièrement en matière de services aux personnes, dont le besoin se fait ressentir loca-lement et auquel l’économie traditionnelle ne pourvoit pas. Il peut s’agir d’entreprises de quartier, utiles à la collectivité, des services de quartier, d’agences proposant du personnel de maison, de cantines scolaires, de cafés de quartier, de lieux de rencontre culturels, etc.. Les projets entrant dans le cadre de l’économie sociale, orientés vers la collectivité et poursuivant un but à la fois social et économique, sont, en même temps à même d’offrir un travail et un revenu à des personnes peu qualifiées. Par ailleurs, ils viennent compléter l’infrastructure d’un quartier dans le domaine social et culturel et ils augmentent l’offre en pro-duits et en services destinés aux personnes, aux ménages et à la collectivité. Le succès de ces projets repose sur leur enracinement local et sur leur adaptation aux besoins réels. Ce secteur ne pouvant être entièrement professionnalisé, le volontariat conserve toute son importance. Cette forme de travail de quartier permet d’acquérir une qualification et une confiance en soi, nécessaires sur le marché du travail. Pour éviter une marginalisation, il est utile de prévoir des passerelles entre le volontariat et un emploi à titre professionnel

À Grossbreitenbach en Thuringe, une stratégie de retour à l’emploi, développée à partir du champ d’action de l’économie sociale et s’adressant plus spécialement aux femmes, a permis la mise en œuvre et la réalisa-tion de plus de 30 projets, auxquels une centaine de femmes étaient associées. Dans un quartier de 3 300 habitants, un groupe de femmes (Frauengruppe Grossbreitenbach e.V.) s’est constitué en association en 1992, afin de rechercher ensemble de nouvelles possibilités de travail et d’emploi. À partir d’une mise en commun des idées, le projet « Frauenbeschäftigungsprojekt - GBF-promotion » a vu le jour, avec 30 parti-cipantes au départ. Les premières initiatives à caractère social comprenaient l’aide ménagère, un point de rencontre pour les femmes et les familles, un centre pour les jeunes et le Club d’Altenfeld pour les person-nes du troisième âge. Bien d’autres projets sont venus s’y ajouter par la suite : le journal pour femmes ISA, un point contact consacré au problème des enfants hyperactifs et enfin « women on the web », un site In-ternet, offrant des services dans le domaine du tourisme. Le but principal est la création d’un certain nom-bre d’emplois à durée indéterminée que la mise en réseau des différents projets et groupes d’intérêts a per-mis d’identifier. La « Maison pour tous », un espace de rencontre, servant aux projets concernant des jeu-nes, à l’accueil des personnes âgées et comme centre de coordination pour les différents groupes de fem-mes, est devenue une véritable institution locale. L’attribution du prix « Ville sociale 2000 » à ce projet, a été motivée par le fait qu’il a contribué à « enrayer le départ des jeunes et à recréer une identité locale ».

Approches d’ensemble en « économie sociale »

Les exemples décrits à travers les trois champs d’action montrent que les projets couronnés de succès, sont souvent ceux qui poursuivent plusieurs buts à la fois. En outre les projets associant différents secteurs de l’administration autour d’une même stratégie d’économie locale, retiennent l’attention. Ceci concerne le rapprochement entre les différents champs de l’activité économique, mais aussi la conjonction entre les projets d’aménagement urbain, les mesures politiques structurelles et les dispositifs d’aide à l’emploi. Une telle mise en relation s’avère fructueuse notamment quand une initiative de réhabilitation ou d’amélioration de l’environnement résidentiel s’accompagne de mesures destinées à faciliter l’embauche et la qualification professionnelle, ou bien, lorsqu’au milieu d’un groupe d’habitations, des bâtiments ou locaux existants sont destinés à changer d’attribution.

À l’initiative de certains conseillers de l’arrondissement de Neukölln à Berlin, une table ronde réunissant des représentants de l’économie locale, des syndicats, des associations et de l’administration, a été consti-tuée dès 1994, afin de débattre des stratégies à adopter pour la défense des intérêts du quartier, de même que pour l’aide à l’emploi et à la formation professionnelle (voir www.pakte.de). Ces rencontres ont été à l’origine des journées du commerce et de l’artisanat, organisées en 1996 par une association créée spécia-lement (Verein Wirtschaft und Arbeit). En 2000, cette association comptait déjà 60 membres, parmi les-quels des membres des professions indépendantes et des indépendants travaillant en association. La majori-té des adhérents provient du secteur des PME, cependant certaines grandes firmes, comme la Deutsche Te-lekom AG et des sociétés de constructions de logements, comme « Stadt und Land » ont rejoint l’association.

Cette association gère le pacte territorial pour l’emploi au niveau de l’arrondissement de Neukölln. Il s’agit d’un programme local et régional, mis en place par l’Union européenne, destiné à la création et au maintien des emplois et s’appuyant sur un système de partenariats locaux. En 2000, 90 sites à travers l’Europe, ont bénéficié de ce dispositif, dont neuf en Allemagne. En 1998, une antenne, à même de fournir différents services d’aide à l’emploi, a été ouverte dans le quartier. Grâce à l’aide financière de l’Union européenne, l’association a pu mener à bien une dizaine d’initiatives, dont le projet « développement social du quar-tier », destiné à aider les chômeurs et les bénéficiaires de l’aide sociale à trouver un emploi, un « réseau formation », où deux collaborateurs s’efforcent de trouver des possibilités de formation en entreprise, en prenant tout spécialement en considération les entreprises turques du quartier, enfin, le projet « Gründer-zeit » destiné à aider les jeunes entreprises.
L’association conseille les entreprises, apporte son soutien pour les formations qualifiantes et informe sur les différentes possibilités d’aide financière. Chaque année un prix est décerné pour une création d’entreprise particulièrement prometteuse. Les projets « Challenge » et « Konvoi Neukölln » traitent plus particulièrement des problèmes des PME. « Challenge » conseille les entreprises et forme leurs collabora-teurs en organisant des séminaires et des stages dans d’autres entreprises. « Konvoi » s’adresse aux entre-prises désireuses de procéder à la vérification de leurs installations et leurs procédés de fabrication en ma-tière de pollution et d’environnement et propose à leur personnel des formations spécialisées les questions environnementales.
Par ailleurs, l’association « Wirtschaft und Arbeit » apporte son aide à un cercle économique de femmes et installe sur Internet une bourse des locaux commerciaux et industriels disponibles dans le quartier. En col-laboration avec la société de construction et de gestion de logements « Stadt und Land » et dans le cadre du dispositif ABM/SAM, des chômeurs sont engagés pour l’entretien des espaces verts et de l’environnement résidentiel. Jusqu’à présent, l’association a pu proposer plus de 420 formations et emplois dans l’arrondissement de Neukölln.

La stratégie d’« économie locale », mise en œuvre à Duisburg-Marxloh (voir www.lokaleoekonomie.de), fournit un second exemple de structure en réseau, à la fois diversifiée et hétérogène. Dans ce quartier, da-tant de la fin du 19ème siècle et très marqué par l’industrie minière, en restructuration permanente depuis les années 1970, l’ancien soubassement économique constitué par la métallurgie lourde et l’industrie chimique, s’est effondré. Tandis que le chômage augmentait, la population d’origine ne cessait de diminuer, relayée dans le quartier par l’arrivée d’un nombre croissant d’immigrés. Pour toutes ces raisons, Duisburg-Marxloh a été inscrit au programme de renouvellement urbain en 1993. En 1994, la municipalité a donné le coup d’envoi officiel du programme Marxloh ; depuis 1995, le secteur bénéficie de l’initiative URBAN de l’Union européenne.

Au début de l’année 1996, le bureau de développement économique EG DU (Entwicklungsgesellschaft Duisburg mbH), une création de la ville de Duisburg, a été mis en place. Son rôle : améliorer la situation de l’emploi et des services à la population, enrayer les départs et la perte du pouvoir d’achat local, enfin, favo-riser une meilleure identification des habitants au quartier et leur participation aux activités locales. Depuis 1999, le bureau conduit une mission de développement du quartier, tout en assurant la gestion de sa réhabi-litation. Il sert de lieu d’accueil pour les investissements et les entrepreneurs, il informe et conseille sur les activités d’économie locale et les coordonne. Quelques succès peuvent d’ores et déjà être portés à son actif, comme la stabilisation du nombre d’entreprises présentes dans le quartier, des créations d’entreprises et la mise en place de réseaux. Ainsi par exemple, les détaillants allemands ont adopté une stratégie publicitaire commune, sous l’appellation « Marxloh » et les entreprises turques se sont rassemblées sous le sigle « TIAD ».

En confiant la direction du bureau à une femme d’origine turque et à un allemand, on a voulu tenir compte de la situation multiculturelle du quartier. Le fonctionnement des réseaux est rendu possible par la mise en place d’une « conférence de quartier », composée de 70 personnes, représentant aussi bien les diverses or-ganisations présentes dans le quartier que les habitants eux-mêmes.

La stratégie « économie locale » est complétée par un monitoring. C’est à dire une étude d’opinion menée à intervalles réguliers et dont les résultats sont pris en compte dans le travail de terrain. Marxloh est devenu une référence en matière de développement urbain intégré. Et pourtant, les personnes impliquées dans ce projet continuent à se percevoir comme étant en terrain expérimental. Compte tenu de la complexité de la structure sociologique, des acteurs en présence et des changements susceptibles d’intervenir au niveau des politiques de l’aide au développement, cela est parfaitement compréhensible.

Perspectives

La consolidation de l’économie locale, constitue la base même du développement de structures de quartier stables pour la « Ville sociale ». Par leur intégration à l’économie du quartier, les habitants prennent cons-cience de leur propre valeur et gagnent confiance en eux-mêmes. L’augmentation du pouvoir d’achat et de la demande profitent aux commerces locaux. Initier et mener à terme des dispositifs et projets allant simul-tanément dans plusieurs directions est un travail de longue haleine. Mais il est encore plus important de faire coopérer les différents acteurs à travers un même réseau : le développement économique et le déve-loppement du quartier, les initiatives, les entreprises et les écoles, pour ne prendre que quelques exemples. Enfin, la conjonction des différents secteurs politiques et l’insertion des projets de développement de quar-tier dans une stratégie locale et régionale, conditionnent la réussite de tout projet d’« économie locale ».


Cathy Cramer Difu
Jan Behrens (Juli 2001) Ville libre et hanséatique Hambourg
E-Mail: jan-behrens@gmx.de

Fotos: Wolf-Christian Strauss

 

Note :

(1) Les champs d’action ont été confirmés par le projet européen "ELSES - Evaluation of Socio-economic Strategies in Disadvantaged Urban Areas", projet auquel l’Institut de recherche en développement urbain du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie était associé à travers le projet du quartier de Duisburg-Marxloh. | (zurück)

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