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soziale stadt - bundestransferstelle

  

2. Le programme commun des Länder et de l'État fédéral « ville d'intégration sociale: quartiers avec un besoin particulier de développement »


Si l'État-providence n'intervient pas, certains « quartiers avec un besoin particulier de développement » poursuivront sans aucun doute leur chute libre. Ces processus qui se déroulent actuellement dans ces zones s'aggraveront s'ils ne sont pas arrêtés ou inversés par les efforts communs des hommes politiques, des instances locales, des résidants, de l'industrie et des autres acteurs locaux. Il est nécessaire d'adopter une politique de district d'intégrée qui doit considérer cette zone comme un espace social et encourager le développement et la stabilisation des ressources qui existent encore sur place. Sur ce point pourtant, il semble qu'un fossé se creuse de plus en plus entre les problèmes socio-économiques et les solutions techniques de construction, et les différentes approches sectorielles actuelles entreprises par les services et les instances spécialisés n'offrent plus de solutions efficaces. C'est pour cette raison, et aussi parce que les villes ne peuvent pas relever seules le défi que représentent ces importantes mutations dans de nombreux quartiers, que le programme commun de l'État fédéral et des Länder « ville d'intégration sociale : quartiers avec un besoin particulier de développement » a été mis en place en juillet 1999 ; son objectif est de trouver une approche intégrée pour résoudre ces problèmes complexes (Becker/Löhr 2000).

Ce programme est basé sur une série d'expériences menées dans plusieurs Länder et sur le travail conceptuel préparatoire effectué par le groupe de travail des ministres et des sénateurs des Länder chargés de l'urbanisme, de la construction et de l'habitat (ARGEBAU). Il se base également sur les expériences des autres pays européens et sur les résultats de l'initiative URBAINE de l'Union européenne. Voici un aperçu des principes fondamentaux de ce programme (Franke/Löhr/Sander 2000) :

L'objectif principal de ce programme est d'empêcher la génération ou la consolidation de quartiers défavorisés et d'encourager les améliorations préventives des conditions de vie. Dans ce but, il est nécessaire de mettre en place des stratégies intégrées, de coopération et d'implication (Becker/Löhr 2000). À cette fin, l'État fédéral, les Länder et les communes dégagent un budget de 300 millions de marks par année. Lorsque ce programme a été mis en place en 1999, les 16 Länder ont tous participé, avec un total de 161 quartiers de 157 villes. En 2000, le nombre de quartiers est passé à 209 pour 189 villes. Le gouvernement fédéral a augmenté sa contribution à 150 millions de marks, totalisant ainsi 450 millions de marks consacrés au renouvellement social urbain. L'État fédéral et les Länder réfléchissent tout particulièrement aux moyens qui pourraient stabiliser ce programme, qui comme d'autres programmes traditionnels d'aide au développement urbain, doit être préparé chaque année.

Ce programme « ville sociale » a été mis en oeuvre pour répondre à un problème majeur : le besoin de redéfinir les relations entre le gouvernement et la société. En Allemagne, comme dans d'autres pays européens, la nécessité d'avoir une politique de développement urbain axée sur le social et l'intégration s'accompagne d'une demande pressante pour une réforme des structures politiques et administratives. Egalement dans d'autres domaines de la responsabilité publique, les gouvernements ne peuvent plus résoudre les problèmes en appliquant les concepts et des mesures habituels et en se déchargeant de leurs obligations. Des efforts sont donc faits pour redéfinir les relations entre le gouvernement dans son ensemble et la société, et pour redéfinir les fonctions non seulement entre les différents niveaux du système fédéral allemand, mais également entre le gouvernement et l'ensemble de ses citoyens (Franke/Löhr/Sander 2000).

L'État et l'administration doivent redéfinir leurs fonctions et leurs responsabilités dans un nouveau contexte économique sociétal. Dans ce but, le gouvernement fédéral a adopté le programme « État moderne, administration moderne » en décembre 1999, qui émettait l'idée d'un « État activant » (Ministère de l'Intérieur 1999). L'objectif est d'établir un nouvel équilibre entre, d'un côté les devoirs du gouvernement, et de l'autre l'initiative des particuliers et l'engagement social. Ce nouveau modèle est fondé sur quatre principes étroitement liés et interdépendants, qui concernent tous les niveaux structurels et fonctionnels du système fédéral allemand (Franke/Löhr/Sander 2000).

Cette nouvelle vision de l'exercice des fonctions gouvernementales présuppose que la société a le désir d'apprendre et est en mesure d'apprendre. Cela signifie qu'il faut accepter que, par exemple, la mentalité et l'attitude « État-providence » que l'État a offertes par le passé (gouvernement, assistance et aide sociale centralisés) doit disparaître pour laisser la place à des modèles élémentaires de décentralisation, de développement autonome et de solidarité. Redéfinir les responsabilités entre l'État et la société, ne doit pas signifier pour autant se renvoyer les problèmes, ou, dans une interprétation néolibérale du concept « société civile », transférer les fonctions gouvernementales à un ensemble de citoyens plus responsables. Redéfinir les responsabilités signifie redistribuer le pouvoir aux différentes instances, et également entre le gouvernement et les citoyens. C'est donc une contribution essentielle à la démocratisation matérielle des processus décisionnels de l'État et des quartiers. Étant donné les structures et les habitudes actuelles de conservation du pouvoir, et l'intérêt pour renforcer la démocratie représentative au niveau des autorités locales, tellement importante pour la société allemande, on discute de la création d'un second niveau politique non-hiérarchique au-delà du niveau politique actuel. Dans ce cas, les systèmes de négociation joueraient un rôle plus important. Le gouvernement ou la commune serait seulement primus inter pares, c'est-à-dire le premier entre ses égaux, assumant ainsi un rôle de coordination si nécessaire. Cette approche est particulièrement importante sur le plan local parce qu'elle est proche de l'ensemble des citoyens et les décisions prises à ce niveau, les concernent tout particulièrement (« du gouvernement à la gouvernance »).

De nombreux éléments de cette approche se retrouvent dans le programme « ville sociale ». Il offre de nouvelles perspectives sur le rôle du gouvernement dans la politique sociale et dans celle des instances locales, mais aussi dans les politiques de développement et de renouvellement urbain ; en même temps, il incite toutes les personnes concernées à rester ouvertes aux nouvelles idées et aux nouvelles façons de penser en acceptant les nouveaux types d'action et d'attitude. Cependant, l'application de ce programme exige de mener des actions administratives globales efficaces. Parallèlement, il y a beaucoup à faire à plusieurs niveaux : il faut impliquer les citoyens dans les processus décisionnels portant sur la planification et l'application du programme et les habiliter à le faire; il faut coordonner différents acteurs sur le terrain; il faut mobiliser et vérifier les processus de développement; il faut créer de nouvelles structures coopératives dans différents champs d'action, et tout particulièrement dans la politique de proximité intégrée à une politique de développement élargie à la ville. Enfin, il faut vérifier si des structures plus efficaces sont des garanties de succès, à savoir si elles permettent, par exemple, la création de quartiers viables avec de bonnes perspectives d'avenir. Toutefois, les points essentiels de ce programme portent sur la concentration des ressources et sur les capacités de l'ensemble des citoyens, du commerce et de l'industrie, à collaborer, à participer et à prendre des décisions, et sur la mise en place de structures de management organisationnelles appropriées (Becker/Löhr 2000; Franke/Löhr/Sander 2000).

Concentration des ressources et de la coopération : un des objectifs fondamentaux de ce programme est de concentrer les diverses ressources pour permettre un développement holistique de quartier. L'aide au développement urbain doit être reliée aux autres champs d'action qui relèvent du développement urbain, dans une nouvelle approche intégrée. Cependant, le changement des perspectives et des modèles qu'implique ce nouveau programme, réside essentiellement dans le fait que l'attention a été clairement déplacée du cadre bâti vers les habitants. L'objectif est, par conséquent, d'utiliser conjointement les dispositifs d'investissement et de non-investissement par le biais de différents champs d'action. Un concept d'action intégrée pourrait s'avérer utile pour le logement, le transport, l'emploi et la formation, la sécurité, les femmes, l'aide aux familles et aux jeunes, l'industrie, l'environnement, la culture et les loisirs. Le programme « ville sociale » vise à offrir aux quartiers défavorisés des avantages synergiques et à leur en faire profiter.

Afin de réaliser ce projet, il faut franchir les limites institutionnelles, et les différentes instances et structures doivent travailler en réseau. Sur le plan fédéral, il a été convenu que les instances fédérales concernées assureraient la coordination de leurs propres ressources pour le projet de développement urbain. La concentration et la coordination au niveau des Länder prennent souvent la forme de groupes de travail interministériels institutionnalisés. Les programmes spécifiques concernés et l'action institutionnelle au niveau des instances locales nécessitent une orientation et une harmonisation socio-spatiales sans pour autant qu'une telle coordination soit transférée au niveau des districts ou des quartiers, qui risqueraient d'être surchargés.

Prendre place dans l'ensemble du contexte urbain: tout d'abord, ce programme concerne les districts urbains. En réalité, pourtant, on doit toujours prendre en considération l'ensemble du contexte urbain puisqu'un quartier n'est pas viable s'il est isolé sur le plan économique et social, et l'objectif de ce programme est justement d'intégrer cette zone dans des structures de production et de reproduction sociétales. Non seulement, nous avons besoin d'adopter une approche intégrée institutionnelle transversale en matière de développement et de renouvellement urbain, mais celle-ci doit s'opérer au-delà des limites du quartier.

Participation de l'ensemble des citoyens et de l'industrie: ce programme a introduit une idée novatrice essentielle qui consiste à utiliser les capacités des citoyens à résoudre des problèmes spécifiques. Ils se trouvent alors impliqués en tant que « co-producteurs » dans le processus de décision publique et dans l'exercice des fonctions publiques. Jusqu'à présent, la participation du grand public était limitée à la planification publique. L'élément nouveau réside dans le fait que la gestion interne et organisationnelle des instances administratives doit tenir compte, sur le plan structurel, de ces formes d'implication et d'utilisation des ressources. On doit alors voir la « politique sociale » comme une « politique d'identité », qui a pour objectif de générer un « capital social » au sein même du quartier. Ce potentiel existant doit être mis en valeur par des stratégies de responsabilisation et de travail collectif; on doit témoigner aux gens plus de reconnaissance qu'auparavant, pour que leur estime d'eux-mêmes et leur engagement puissent se développer. La même chose s'applique à l'industrie locale; dans ce domaine, on doit donner la priorité au soutien apporté aux nouvelles entreprises et aux nouveaux emplois des personnes difficiles à placer sur le marché primaire de l'emploi. Les entreprises et les industries axées sur l'essor local sont des partenaires importants pour réussir un développement intégratif du district urbain.

Le management de quartier comme une conséquence organisationnelle : la mise en oeuvre efficace de la « ville sociale » dépend de l'existence ou de la création sur le terrain, de structures politiques et administratives déréglementées, coopératives et souples, afin d'agir, de mobiliser et de revitaliser des processus considérés comme nécessaires au niveau local. Pour être juste par rapport à ces tâches et à ces objectifs complexes, il est nécessaire de mettre en place une nouvelle structure organisationnelle subordonnée à l'administration locale, mais qui travaillerait à ses côtés : le management de quartier.

  
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